L’Europe face à ses nouveaux périls

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Michel Santi, économiste franco-suisse, conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre de l'O.N.G. « Finance Watch ».
Michel Santi, économiste franco-suisse, conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre de l'O.N.G. « Finance Watch ». (Crédits : DR)
Les ratios des dettes publiques des pays européens périphériques par rapport à leur P.I.B. respectif ne font que s’aggraver. Alors que la déflation y comprime et y déprime le P.I.B. comme l’activité économique, les endettements restent identiques. La situation est en réalité pire car les dettes augmentent à mesure du déclin de l’économie.

Phénomène classique décrit par Fisher qui usait de l'expression fort significative : « Plus les débiteurs paient, et plus ils doivent ».

Les ratios dettes/PIB s'envolent tandis que les capacités de remboursement fondent inexorablement. C'est ainsi qu'il atteint aujourd'hui 161 % en Grèce, qui se situe à la troisième place la moins enviable mondialement après le Japon et le Zimbabwe. Lequel ratio dettes/PIB se situe dans une fourchette comprise entre 115 et 125 % en Irlande, en Italie et au Portugal.

Le mal de la récession

Cette problématique déflationniste européenne se retrouve comme sublimée par une escalade des taux d'intérêt, non du taux officiel défini par la BCE, mais du taux réel. En effet, alors que dans un contexte habituel et en présence d'un taux officiel (à titre d'exemple) de 1% et d'une inflation de 2%, le taux d'intérêt réel serait négatif de 1%.

Ce taux réel grimpe dès lors à + 2% si la déflation y est de 1%, c'est-à-dire si l'indice des prix chute de 1%. Et la banque centrale se retrouve impuissante pour lutter contre cette calamité si elle se borne à faire usage du seul levier de la réduction de son taux directeur, qui ne peut aller comme on le sait au-dessous de zéro.

L'effet de la déflation est tel que le taux d'intérêt réel ne fait effectivement que s'apprécier et que peser sur les fondamentaux de l'économie, même en présence d'un taux officiel de 0%. Sachant que l'on évoque, là, le cas d'économies d'ores et déjà atteintes par le mal récessionniste, comme celui de l'Italie dont le P.I.B. se contractera de 2% cette année.

Pas plus de reprise française que de reprise européenne

La voie royale pour couler un pays consiste à remonter le coût de financement de sa dette dans un contexte économique trouble. Voilà pourquoi, en dépit des auto-congratulations et des opérations de communication menées par nombre de responsables politiques, pas plus la reprise française que la reprise européenne ne sont à prévoir.

De fait, les fondamentaux économiques de l'Union sont au bord de l'implosion, avec un taux officiel d'inflation de 1.1% - au plus bas depuis bientôt quatre ans - et qui masque une réalité, voire des réalités, inavouables. En effet, tandis que le cas grec est comme d'habitude le plus dramatique puisque ce pays subit une déflation nette de 1%, l'Irlande s'en rapproche dangereusement avec une inflation tout juste nulle.

Quant aux cas espagnol et portugais, leur indice officiel d'inflation se situant autour des 0.3 à 0.45% induit en erreur et est fallacieux puisqu'il tient compte d'une augmentation importante de leur TVA. Sans laquelle ces deux nations auraient en réalité affiché une inflation négative…

La baisse des prix met en péril l'Europe

L'Europe se retrouve aujourd'hui en danger. Pas à cause d'une prochaine crise bancaire ou financière. Pas à cause de l'interruption programmée des baisses de taux quantitatives américaines. Mais du fait de la baisse des prix qui conduit à l'appréciation mécanique de ses taux d'intérêt réels, dans un contexte général de reprise économique très fragile, voire inexistante.

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Michel Santi, économiste franco-suisse, conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre de l'O.N.G. « Finance Watch ». Vient de paraître : une édition étoffée et mise à jour des "Splendeurs et misères du libéralisme" avec une préface de Patrick Artus et, en anglais, "Capitalism without conscience". Vient de paraître :"L'Europe, chronique d'un fiasco politique et économique"

 

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Commentaires
a écrit le 12/11/2013 à 23:55 :
le seul moyen de conjurer le sort , que chaque pays reprenne sa monnaie Nationale.
a écrit le 12/11/2013 à 19:13 :
Je n'ai rien compris. Je n'ai pas fait l'Ena évidemment.
a écrit le 12/11/2013 à 12:36 :
Je ne vois pas la déflation en ce qui me concerne . De plus avec l euro depuis 2000 les prix ont été multipliés par 4 à 6... Donc il serait normal qu on rattrape notre pouvoir d achat... Avez vous vu une réel déflation des prix en France?? Quel mensonge...
Réponse de le 12/11/2013 à 16:18 :
tout à fait d'accord l'enfumage continue inexorablement à tous les niveaux.Il est question aussi de supprimer les pièces de 1,2 et 5 cts Les petits malins auront vite fait d'arrondir les prix à la dizaine supérieure .

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