Pacte de stabilité : un bilan calamiteux

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Pour la nième fois depuis son adoption en 1997, le pacte de stabilité est sur la sellette et en passe d'être réformé. Entre son énoncé initial, relativement simple qui soumettait les économies à la double règle des 3% de déficit et 60% de dette sauf circonstance exceptionnelle, l'entrelacs de règles complexes qu'il est devenu par stratification successive au fil des années, et une pratique dérogatoire permanente, difficile aujourd'hui d'en mesurer la vraie portée. Il a été durci sur certains points, adouci sur d'autres, complété de multiples objectifs périphériques.
Même si le pacte n'a jamais été appliqué aveuglément, il inhibe depuis des années l'usage raisonné de la politique budgétaire. Et alors même que la très grande majorité des pays européens sont revenus en dessous de 3% de déficit structurel, la plupart continue à mener des politiques de rigueur.
Et ces politiques sont en passe de tuer dans l'œuf le début de reprise qui se dessinait en Europe depuis le milieu de 2013. Et casser une reprise, ce n'est pas perdre quelques points de croissance mais inhiber une vague de croissance qui remettrait spontanément tous les pays européens sur les rails en termes de déficit et de dynamique de dette. Le coût est considérable.
En prolongeant sans fondement économique l'effort de rigueur, le pacte de stabilité transforme le travail de consolidation en véritable tonneau de danaïde où chacun repousse sans fin sa cible en détruisant toujours plus son assiette fiscale et son potentiel de croissance à long terme.
La vérité c'est que le pacte est inapplicable pour des vices originels et qu'il le devient de plus en plus compte tenu des déséquilibres qu'il génère.
Ses défauts originels sont de deux ordres :
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La réponse est contenue dans ma question. La vérité est que le bilan du pacte est simplement désastreux. Il ne s'agit pas de refuser les règles et l'idée même d'une discipline budgétaire. Mais l'Europe ne sera en mesure d'édicter des règles à la fois simples, contraignantes et stabilisantes, que le jour où elle disposera
La vraie réforme passe par ces préalables. Toute autre voie ne fera qu'ajouter un épisode de plus à la tragi-comédie réglementaire Bruxelloise.
Olivier Passet, Xerfi