Il a été réélu fin janvier à la tête du Club XXIe siècle, qu'il a fondé il y a vingt ans avec Rachida Dati et Béchir Mana pour promouvoir la diversité dans les entreprises. Hakim El Karoui, fin connaisseur des questions d'intégration et de cohésion nationale, a par ailleurs quitté l'Institut Montaigne pour rejoindre le think tank Terra Nova.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le sujet de l'intégration, revenu dans l'actualité avec les émeutes de l'été, reste-t-il un angle mort de la politique ?
HAKIM EL KAROUI - Nous n'avons pas de politique publique d'intégration. La seule chose qui existe, ce sont des mesures qui encadrent l'accueil des étrangers. Or le véritable sujet, c'est le destin des enfants de la deuxième génération*. Pour eux, rien de spécifique n'est mis en place. Les quartiers prioritaires de la politique de la ville établissent simplement un zonage des lieux de vie d'environ un tiers de cette population. On parle des « plans banlieues » : le plan de rénovation urbaine mis en œuvre depuis les années 2000, ce sont des bailleurs sociaux qui s'endettent pour détruire des logements, en reconstruire ou en réhabiliter. Et c'est rentable. L'État accorde seulement 200 ou 300 millions d'euros d'aide immobilière par an, une misère pour des quartiers où le taux de pauvreté est trois fois supérieur à la moyenne nationale. Les milliards des banlieues n'existent pas.