Echec et mat pour l'Arabie Saoudite

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L'Arabie saoudite a cru pouvoir casser les reins des producteurs de pétrole de schiste en inondant le marché pétrolier. La preuve d'une méconnaissance des nouvelles techniques. Et un pari perdu, que le pays va payer cher. Par Michel Santi, économiste

La déroute des tarifs pétroliers dépasse en amplitude celle de la crise financière globale de 2008 et de la crise asiatique de 1998. En gravité aussi. En cette fin d'été 2015, l'OPEP n'est plus que l'ombre d'elle même: c'est simple, elle est de facto dissoute et ce cartel ferait mieux de fermer ses bureaux viennois afin de réaliser quelques économies... De même est-il aisé de constater que la tactique saoudienne consistant à inonder le marché du pétrole s'est retournée contre elle. D'ores et déjà en déclin et très fragile du fait de recettes ne provenant d'exportations que d'un seul et unique produit (le pétrole), l'Arabie chavire pour avoir mené une guerre avec des armes appartenant au passé!

Une posture caduque

Les marchés pétroliers ont en effet fondamentalement changé depuis l'époque où les investissements n'étaient rentables qu'après une décennie. Les saoudiens étaient certes les maîtres incontestés dès lors qu'il s'agissait de consacrer des sommes très substantielles pour exploiter des puits qui ne produiraient que de longues années plus tard. Voilà pourquoi ils usèrent de ces grosses ficelles lors qu'ils décidèrent, en novembre 2014, de faire baisser les prix afin d'étouffer les producteurs américains de pétrole de schiste qu'ils pensaient rayer de la carte. Quant au manque à gagner du fait de la chute des tarifs pétroliers, il serait récupéré par eux lors de la remontée des prix, inéluctable à mesure de la disparition des producteurs US. Pourtant, cette posture consistant à faire baisser des prix afin de nuire à ses compétiteurs avant de les remonter pour mieux profiter de son monopole est désormais caduque.

Une méconnaissance profonde du "fracking"

Aussi, le pari fou de l'Arabie Saoudite d'augmenter sa propre production à 10.6 millions de barils/jours à l'hiver dernier au climax de la baisse des prix était-il perdu d'avance car il dévoile une méconnaissance profonde du "fracking" qui n'est pas une méthode d'extraction classique des ressources, qui n'exige pas d'investissement conséquent et qui ne requiert donc pas de prix élevés du pétrole pour être rentable.

Loin des modèles de production traditionnels, le fracking autorise aujourd'hui d'exploiter un puits avec aussi peu que 1 million de dollars tout en assurant des revenus immédiats. En outre, les techniques s'améliorent quasiment au jour le jour et permettent d'exploiter jusqu'à dix zones en même temps, pendant que la sophistication des programmes informatiques détecte des craquelures couvrant de vastes étendues. En somme, l'évolution fulgurante de la technique du fracking -qui permettra de réduire les coûts associés à l'extraction de près de 45% sur la seule année 2015- révolutionne le monde du pétrole jusque là chasse gardée et apanage de certains États, car exigeant naguère des investissements préalables massifs. Extrêmement réactifs et flexibles, les exploitants du pétrole de schiste seraient du reste bénéficiaires même en cas de remontée des prix: hypothèse qui autoriserait du coup l'ouverture de zones d'exploitation encore plus nombreuses...agissant à leur tour en comprimant les prix du fait de l'augmentation de l'offre.

Incapable d'influer sur les tarifs pétroliers

L'Arabie Saoudite n'est donc plus aujourd'hui le producteur de référence, comme elle est désormais tout bonnement incapable d'influer sur les tarifs pétroliers. Ayant largement ouvert ses vannes afin de massacrer l'industrie du fracking, elle se rend compte que leurs coûts d'extraction sont ridicules et que toute tentative de manipulation des prix de sa part afin de laisser remonter les tarifs sera saisie par les frackeurs qui ouvriront aussitôt encore plus de puits pour profiter de cette manne.

Un déficit budgétaire!

Bref, l'Arabie Saoudite aura de gros ennuis dans environ deux ans et sera confrontée à une crise existentielle dans cinq! L'effondrement des prix du pétrole de près de 55% en un an fait en effet fondre les réserves monétaires de ce pays qui subit les affres et les humiliations du déficit budgétaire, et qui en est réduit à émettre un emprunt public (de plus de 5 milliards de dollars) afin de subvenir à ses besoins.

Pendant encore combien de temps l'Arabie Saoudite sera-t-elle en mesure de défendre son riyal indexé au dollar au cours de 3.75 ? Ayant impérieusement besoin d'un pétrole à 106 $ (le baril) afin d'équilibrer son budget, elle n'est pas près de revoir de tels prix en présence d'une industrie du fracking tout aussi dynamique qu'innovante et ayant allègrement su éviter son comportement de prédateur. Avis de grosse tempête de sable à venir pour le Royaume Wahhabite.

 Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique" et de "Misère et opulence", préface rédigée par Romaric Godin.

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Commentaires
a écrit le 09/09/2015 à 10:42 :
Bonjour, excusez-moi est-ce que cet article est une arnaque de propagande? J'ai déjà posé la question de savoir justement si l'industrie du schiste n'était pas déjà morte et quelqu'un a répondu en donnant quelques explications, mais pas de réponse sur l'avenir du schiste...
En tout cas, BFM publie un article aujourd'hui allant dans mon sens, que l'industrie du schiste se meure déjà: http://bfmbusiness.bfmtv.com/bourse/gaz-de-schiste-hemorragie-de-capitaux-aux-etats-unis-912764.html

Et j'ai déjà entendu plusieurs personnes dire la même chose...
a écrit le 05/09/2015 à 21:28 :
Il doit y avoir une erreur dans cette analyse :
"qui n'est pas une méthode d'extraction classique des ressources, qui n'exige pas d'investissement conséquent et qui ne requiert donc pas de prix élevés du pétrole pour être rentable."

En effet, si la première partie est exacte, ce n'est effectivement pas une méthode d’extraction classique, le reste de la phrase qui suit me parait au pire malhonnète, au mieux ignorer la technique elle même, alors que l'auteur dénonce lui même l'ignorance de l’Arabie pour cette méthode.

Il faudra être un peu plus patient encore, mais il est connu et reconnu que la technique du fracking coute a peu près 200 fois plus cher par puits que les méthodes conventionnelles sur des puits conventionnels dans des zones conventionnelles.

Sans mêmême parler des risques environnementaux, il y a le pb de l'eau définitivement perdue et pollué au rythme de 20 000 mètres cubes par puits.
L'auteur aurait tout aussi bien pu nous dire ce que font actuellement les parapétroliers actuellement pour ne pas fermer boutique : Ils ne fracturent pas les puits en attendant que les pris remontent. En effet, les parapétroliers forent le puits verticale et préparent la tête de puits, mais s'arrêtent a cette simple tache. Donc pas de forage horizontale, très couteux et risqué. Pas de compresseur hydraulique a 10 000 ou 20 000 chevaux vapeur pour pousser le mélange de fracturation. Pas d'extracteur de surface (pompe et compresseur).
Il ne faut pas oublier que les parapétroliers licencient a tour de bras depuis le début de l'année...

Partant d'une idée erronée, on ne peut que faire des analyses erronées sur le long terme. Tout cela n'est que du court terme. Certes l’Arabie a des difficultés, mais elle est loin d’être la seule dans cette situation périlleuse. Je pense par exemple a l'Algérie plus proche de nous, ou au vénézuela. Elle doit juste tenir encore un peu. Juste le temps que le nombre de puits productifs diminue, et comme ces puits perdent rapidement de leur intérêt en moins de deux ans, et ils auront réussi. Ce qu'ils n'avaient certainement pas envisagés, c'est que ce serait aussi long.
a écrit le 31/08/2015 à 12:38 :
Ce compte rendu informatif, est rassurant...on aimerait bien voir ce monopole étouffant, presque mortel disparaître...Les États à faibles revenus et ressources, sont étranglés par la facture énergétique faramineuse...la majorité du déficit budgétaire des pays pauvres du tiers-monde provient de la facture énergétique et l'argent des pauvres peuples du monde, va directement dans la poche des zarabes du golfe, pour financer le terrorisme...un ballon d'oxygène pour l'économie mondiale et la croissance tant attendue !
a écrit le 28/08/2015 à 20:16 :
J'ai trop rigolé en lisant votre article. Vous êtes vraiment journaliste économie vous ? c'est quoi votre diplôme ? En gros pour résumer le schiste c'est super et l'Arabie Saoudite va faire faillite !!!! trop nul !
a écrit le 28/08/2015 à 10:52 :
Votre analyse est tres subjective, les shale oil compagnies sont tres endetes a cause des couts lies au fracking qui sont loins d'etre negligables! Elles ont accumules plus de 200 Milliards de dollar de dette !
Il semble que les marches ne sont pas du meme avis que vous, la grande majorite des shale oil compagnies sont devenues des penny stock ou sont entrain de le devenir. Les capitaux ont fuit le secteur.
L'AS a plus de 700 milliards de reserve (la partie declaree) et une dette inferieure a 5% de son GDP. Qui des deux sera le plus patient ... je mise sur l'AS.
a écrit le 28/08/2015 à 0:06 :
Le rig count American a basse de 60% yoy comte tenure des decline rate dans un trimestre ou 2 la production Americaine va battre de l'aile. L'opep est en train de gagner son paris c juste une question de tps...
a écrit le 27/08/2015 à 16:21 :
pas vrai et c'est n'importequoi

L'arabie ont tout simplement fait comme les dealer de drogues. Donnés plus de bonbon adictive pas couteux pour maintenir leur dépendance.

Il n'y a pas que les schistes qui dérangent.. il y a aussi les nouvelles technologies qui arrivent a grand pas. Combustion Hydrogene, electricité etc...

Les prix sont beaucoup plus abordable et le seront encore plus d'ici quelques années. Ils doivent donc liquider

C'Est la faute des gouvernements et des raffineries occidentaux si le prix de l'essence est si elevé.
a écrit le 27/08/2015 à 16:20 :
Peu importe qui a déclenché cette guerre des prix. L'important est de savoir qui sont les gagnants et les perdants de cette forte baisse chez les producteurs. Les grands perdants: Russie et Venezuela, les perdants à moyen terme: les pays du Golfe (ils ont des réserves financière pour tenir le coup temporairement). Le gagnant reste quand même l'Oncle Sam. Même si certains de producteurs américains souffrent, les USA sont un très gros consommateur dont l'économie a besoin d'un pétrole pas cher.
a écrit le 27/08/2015 à 12:25 :
A mon humble avis, la chute des prix a été dès le début orchestrée par les USA dans le but de mettre en difficulté la Russie de Poutine.
On ne lui pardonne pas son soutien à Assad, et tous les moyens sont utilisés pour le faire céder.
Quant à ceux qui s'imaginent que l'AS est indépendante des USA, vous rèvez, le pays est entièrement sous contrôle, y compris l'Aramco.
Les dégâts collatéraux sur les producteurs US n'ont pas trop d'importance, sachant qu'en plus, ce sont des états à forte majorité républicaine...
Le jour où Assad tombe, nous reverrons le pétrole retourner vers les 100 USD..
a écrit le 27/08/2015 à 12:07 :
Bonjour.
Et si cette chute du prix du pétrole n'avait pas pour but de saborder les producteurs de gaz de schiste, mais sous l'impulsion de l'allié américain de saborder l'économie russe ?
a écrit le 26/08/2015 à 22:56 :
La Saudia a fait une empire a un prix de 15$ pour le Baril. Veuillez réviser un peu l’histoire !!!!!
a écrit le 26/08/2015 à 17:32 :
J'adore ce genre d'article "ça semblait si évident, pourquoi ont-ils fait une c******* pareille" des mois après les évènements. Si vous aviez écrit votre article lorsque l'Arabie Saoudite a commencé à annoncer la hausse de sa production vous auriez eu du crédit. Là c’est juste ridicule.
Deuxièmement, l’Arabie Saoudite est le pays qui a les coûts de production les plus faibles au monde. Bien inférieurs à 30$. On creuse un puit, le pétrole est juste en dessous. Aux US rien à voir en terme de coûts de production, les puits sont épuisés en quelques mois (voire semaines) alors qu’ils produisent pendant des années au Moyen-Orient. Si les prix baissent les US finiront par produire à perte. Ce ne sera pas le cas de l’autre côté de l’Atlantique.
a écrit le 26/08/2015 à 15:26 :
Bonjour, excusez-moi mais je ne comprends en rien cet article, sa valeur, ni la raison de sa publication aujourd'hui.. Ne s'avèrerait-il pas qu'en fait, l'industrie du schiste est déjà morte, comme le montre les premières faillites qui se sont déjà produites dans ce secteur? Merci pour les explications.
Réponse de le 28/08/2015 à 13:55 :
Il faut savoir qu'aux USA les exploitants ne sont pas des majors comme Exxon ou Total mais des petites boites. Les plus faible vont faire faillite tandis que les mieux implantés vont continuer à gagner de l'argent.

Il faut aussi comprendre que les modalités de prise de décision pour le développement d'un puit de pétrole roche mère (type schiste) et un gisement conventionnel sont très différente. Les puits aux USA demande un petit investissement (de l'ordre de quelques millions). Il est donc facile d'arrêter d'investir le temps que le pétrole remonte.

En gros l'Arabie Saoudite a perdu sont pari dans le sens où, à moins d'une reprise de la croissance mondiale, elle n'est plus l'acteur décidant le prix du baril.

Pour revenir sur un certain nombre de commentaire, il faut faire la différence entre le coût de revient d'un puit de pétrole de schiste et un gisement en Arabie Saoudite, qui est bien plus faible dans le cas de l'Arabie Saoudite, du prix nécessaire à l'équilibre du budget. Avec son modèle économique, l'Arabie Saoudite a besoin d'un pétrole à 100$ environ (normal il s'agit de la seule ressource de l'état). En revanche aujourd'hui avec un baril à 50 ou 60$, les gisements aux USA sont rentable. A terme ça sera à l'OPEP de baisser sa production ou faire des réformes structurelles douloureuse.

En résumé le prix va remonter d'ici quelques temps, mais ça sera parce qu'un membre de l'OPEP (ou un autre producteur traditionnel comme la Russie ou le Royaume-Uni) ne pourra plus continuer à produire, soit parce que le pays aura sombrer dans un chaos économique (Venezuela ou Moyen-orient), soit parce que les entreprises n'assureront plus les investissement pour continuer la production (Russie, Mer du Nord).

En espérant avoir répondu à vos questions.
a écrit le 26/08/2015 à 13:38 :
Aaaaaaaah : enfin une explication sur le silence assourdissant sur l'état économique des gaz & pétroles de schistes aux USA face à la descente du prix du pétrole !!
Quand à l'explication elle-même, on verra ce qu'il en sera dans 2 ans, en attendant je garde soigneusement les références de cet article. En espérant vous lire de nouveau sur le sujet, merci m. Santi.
a écrit le 26/08/2015 à 10:23 :
En Algerie, ca va etre encore pire.
a écrit le 25/08/2015 à 22:37 :
C'est un peu plus compliqué car il y a quand même un prix minimum nécessaire pour que le fracking soit rentable, on ne peut l'abaisser au delà d'un certain seuil selon les endroits etc. Il y a la variabilité des puits. Le problème du transport. Les aspects environnementaux. La baisse rapide de la production des puits etc. Dès 2020 la production américaine baissera. Mieux vaut miser plus rapidement sur les technologies renouvelables, il y a encore des baisse de prix et c'est nettement mieux au plan du climat, de la pollution et de la meilleure utilisation de l'énergie car sous forme "combustible" le pétrole et le gaz sont une gabegie énergétique que nos petits enfants nous reprocheront alors que de nombreuses applications du pétrole sont recyclables et bien plus utiles que d'aller chercher sa baguette à 300 mètres en 4x4 avec un moteur thermique a rendement médiocre !
Réponse de le 31/08/2015 à 20:36 :
Vous n'allez quand même pas exiger que les conducteurs de Cayenne (100.000€) prenne un vélo (150€) pour faire leurs courses à l'épicerie du coin?
a écrit le 25/08/2015 à 22:29 :
Avec un baril à ce prix-là, les grands investissements dans la pétrochimie prévu par les USA qui grâce au pétrole de schiste mettrait l'Europe et d'autres sur la paille devraient échouer ou passer en pertes et profits. Une bonne nouvelle pour l'UE et la France !
Réponse de le 26/08/2015 à 0:04 :
Faudrait m'expliquer en quoi une abondance de gaz de schiste américain pourrait-il "mettre l'Europe sur la paille".
Étant donné qu'elle n'est qu'un producteur mineur d'hydrocarbures, que ses réserves sont presque épuisées mais qu'en revanche, elle en est un gros consommateur, a priori, on aurait plus à y gagner du fait des prix en baisse, non ?
a écrit le 25/08/2015 à 22:29 :
Avec un baril à ce prix-là, les grands investissements dans la pétrochimie prévu par les USA qui grâce au pétrole de schiste mettrait l'Europe et d'autres sur la paille devraient échouer ou passer en pertes et profits. Une bonne nouvelle pour l'UE et la France !
a écrit le 25/08/2015 à 22:29 :
Avec un baril à ce prix-là, les grands investissements dans la pétrochimie prévu par les USA qui grâce au pétrole de schiste mettrait l'Europe et d'autres sur la paille devraient échouer ou passer en pertes et profits. Une bonne nouvelle pour l'UE et la France !
a écrit le 25/08/2015 à 21:44 :
Les predatory prices ca a tjs existe et ca ne dure effectivement qu un temps
Pour le rzste je suis dubitatif
Un car les pdteurs de schistes ont des couts eleves, deux car ils sont majoritairement finances en high yield, trois car quand ils devront internaliser les externalites on en reparlera
On a refacture 20 ou 30 milliards a bp pour sa maree aux usa, je doute que le contribuable accepte de n avour aucun rzsponsable quand ca tourne court
En atrendant ca vide les caisses a poutine donc usa et arabes y trouvent leur compte
a écrit le 25/08/2015 à 21:43 :
La version originale : http://www.telegraph.co.uk/finance/oilprices/11768136/Saudi-Arabia-may-go-broke-before-the-US-oil-industry-buckles.html
Réponse de le 25/08/2015 à 22:56 :
Merci pour l'info ! Je trouvais en effet l'article bien documenté.
Réponse de le 27/08/2015 à 8:53 :
Certaines phrases sont traduites à l'identique. Je ne savais pas qu'on permettait le plagiat si facilement.
Réponse de le 31/08/2015 à 21:22 :
quitte à recopier l'article du Telegraph, autant traduire aussi le mot "fracking"... il existe aussi en français. Mais bon un petit anglicisme, c'est un peu comme un sigle, ça fait connaisseur, expert.
a écrit le 25/08/2015 à 19:07 :
Et pourquoi pas !
Le perdant de cette guerre : Le secteur pétrolier mondiale qui est en train de licencier sec, plus d'investissements. Fort chômage à la clef.
Le gagnant : les US ! Car, quelle est leur priorité avant tout ?
L'indépendance bien sur ! Et a leurs yeux, cela n'a pas de pris.
D'ailleurs, toute la géo-stratégie US en est chamboulé. Soit un impact mondial.
Bien sur que leur secteur pétrolier devra s'épurer de lui même, les fusions acquisitions iront bon train.
a écrit le 25/08/2015 à 17:20 :
parce que vous pensez vraiment que les informations que vous avez concernant le fracking ne sont pas aux mains des saoudiens ? vraiment vous pensez cela ? vous les prenez pour des c... tout simplement ; votre article va à l'encontre de tout ce qui a été écrit à propos de la rentabilité et des investissements faits pour l'exploitation de ces puits aux us ...que se passe-t-il au juste chez les journalistes ? avez-vous le droit d'écrire ce qu'il vous plaît quand cela vous plaît ? j'en ai bien l'impression !
Réponse de le 25/08/2015 à 22:43 :
D'une, apprends à lire: celui qui a écrit ça n'est pas journaliste.
De deux, ben oui, un journaliste a le droit décrire ce qui lui plait quand ça lui plait. Ca s'appelle la liberté d'expression.
Réponse de le 27/08/2015 à 14:07 :
Heu...oui les journalistes ont le droit d'écrire ce qui leur plaît et quand ça leur plaît...sauf dans les dictatures bien sûr.
a écrit le 25/08/2015 à 15:54 :
la vraie conséquence pour l'ensemble des pays producteurs et du monde, l'instabilité politique car ces pays, malgré quelques pub!!! souvent plus journalistiques que réelles en terme d'économie, n'ont par réinvesti dans une économie de l'après pétrole. Une économie hors pétrole ou un pétrole a basse rentabilité ne se fait pas en quelques années en investissements externes.
a écrit le 25/08/2015 à 15:06 :
Cet article vient en contradiction avec ce que l'on dit sur le pétrole/gaz de schiste.
D'autres experts disent qu'il n'est pas rentable au tarif actuel; que les prêts ne pourront pas être remboursés; que les filons s'épuisent très vite. Sans parler des dégâts écologiques.

Et puis, si le prix du pétrole baisse, c'est aussi à cause du ralentissement économique dans les pays développés, et par contrecoup en Chine, très consommatrice de pétrole.
a écrit le 25/08/2015 à 15:05 :
Etrangement : dans cette guerre du pétrole, la ligne de front entre les méchants et les gentils est clairement établie : la méchante russie de Poutine, les méchants saoudiens qui répandent leur wahabisme ("eux construisent des mosquées et nous des hôpitaux") dans les pays musulmans avec les résultats que l'on commence à apprécier à présent y compris dans les trains, les méchantes "oilygarchies"/théocraties d'Asie, les gentils américains et les gentils européens et japonais qui importent le pétrole au prix fort.
Cette guerre fera des morts, du côté des méchants principalement, c'est clair, mais au prix d'une plus grande déstabilisation du monde : nul ne souhaite le chaos en Russie, et la manne saoudienne aux pays frères moins bien dotés (maroc, egypte, liban, ...) risque de manquer cruellement... quant à des pays achetant artificiellement leur stabilité comme l'Algérie, l'explosion sociale et démographique risque de poser problème à tous ses voisins, particulièrement l'Europe...
Bref des cartes du monde fortement rebattues d'ici 10 ans et les flux migratoires actuels amplifiés
a écrit le 25/08/2015 à 14:07 :
"Et un pari perdu, que le pays va payer cher."
Est-ce une plaisanterie?
Il serait bon de suivre les actus industrielles et économiques de plus près
Effectivement, l'Arabie, Koweit, Qatar, Bahrein et Emirats Arabes Unis vont souffrir et devoir s'adapter, puisque leurs croissances sont révisées à la baisse.
Mais la croissance restera présente.
Il n'aurait pas du vous échapper que ces nations ont lancé (ou accéléré) d'énormes plans d'investissements, renouvelables, nucléaire, infrastructures, et ceci dès que l'Arabie Saoudite a indiqué ne pas fermer le robinet.
---
Pour le solaire, c'est 365j/an, pour les éoliennes et hydroliennes, c'est aussi idéal!
Pour les saoudiens, annonce d'investissements: 100 Md dans le nucléaire (16 réacteurs) et 100 Md dans les renouvelables.
Si j'ai bien suivi, Fabius a signé en juin pour un projet d'étude et de faisabilité pour 2 premiers réacteur, certainement avec Areva, GE-Alstom et EDF, pour 12 Md.
Et aussi des coopération entre CNRS et IRSN et des agences saoudiennes.
---
Et pour les industries et services, l'A.S. va aussi attirer des investisseurs étrangers, elle vient d'ailleurs de leurs ouvrir sa bourse cet été.
Aussi signé en juin:
Arabie Saoudite et France créent le 1er fond d'investissement franco-saoudien :
La Caisse des dépôts CDC International Capital a choisi comme co-investisseur de choix le prince milliardaire saoudien Al Walid, via son fonds privé Kingdom Holding Company (KHC). Avec 400 M$, baptisé FISF, il est destiné à soutenir les entreprises hexagonales présentes dans les pays du Golfe. Plus particulièrement, ce sont les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui sont ainsi incitées à profiter de la croissance économique des pays du Golfe. Les deux groupes gèreront FISF à parité. Ils investiront dans un premier temps 50 millions de dollars chacun, le solde devant être levé prioritairement auprès d'autres investisseurs du Golfe.
01-07 Le prince Al-Walid Ben Talal s'est engagé mercredi à consacrer toute sa fortune, estimée à près de 32 milliards de dollars, à des projets philanthropiques pendant les années à venir et après sa mort.
> Le capital de KHC va aussi s’ouvrir à un consortium de grandes entreprises françaises comportant notamment Aéroports de Paris, AXA, Eiffage, Engie, Eren Groupe, Orange, Safran, Suez Environnement.
Ce consortium investira un montant d'environ 150 M$, pour accroître la présence des entreprises concernées en Arabie saoudite et dans le Golfe, une fois que les autorisations réglementaires auront été accordées.
« Les entreprises françaises réalisent ainsi la première opération depuis l'ouverture de la Bourse de Ryad aux investisseurs étrangers »
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Et évidement, la France n'est pas la seule, nombreuses entreprises occidentales et asiatiques investissent, notamment depuis cette année, dans ces pays producteurs qui vont ainsi contrebalancer rapidement la baisse du baril.
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Donc, cette année et la suivante, la croissance sera plus basse, mais la remontée devrait se faire rapidement.
Les taxes sont faibles ou inexistantes à la pompe dans ces pays producteurs, ils ont donc de la marge de manœuvre pour éventuellement prélevé un peu ou un peu plus.
A.S., le ministre du pétrole a annoncé que son pays souhaiterait devenir un leader mondial des énergies renouvelables, éolien et solaire, d’ici 2040.
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L'Iran revient sur le marché. La Syrie, l'Irak compte doubler sa production, la Lybie, le Yémen et le Soudan comptent augmenter leur production. Idem pour le Mexique, la Bolivie, Ghana, Angola, l'Algérie, la Russie, le Kazakhstan, etc. La Cote d'Ivoire va produire.
Tous les producteurs veulent produire plus pour espérer conquérir des parts de marché et accroître les ventes… D’où accélération du phénomène !
C’est la première fois que le pétrole est une production comme une autre et encaisse la loi des marchés.
US et Canada, à grand coup de licenciements et de restructurations vont abaisser leurs prix de production.
Réponse de le 25/08/2015 à 15:08 :
Pour compléter:
Source : Chambre de Commerce Franco-Arabe
"L’Arabie saoudite reconnaît qu’un jour le monde n’aura plus besoin d’hydrocarbures. Je ne sais pas quand cela arrivera. Nous nous sommes donc engagés dans un programme pour développer l’énergie solaire », a déclaré M.Al-Naïmi, lors du Business and Climate Summit de Paris.L’Arabie saoudite qui détient un quart des
réserves mondiales d’hydrocarbures et qui a été longtemps le premier producteur mondial de cette énergie est prêt à s’engager dans cette transition énergétique, selon son ministre de pétrole. L’arabie saoudite qui produit 10 millions de barils par jour consomme un tiers de sa production dans le transport et la production de
l’électricité, d’où l’enjeu pour le pays de réduire cette consommation en misant sur les
énergies renouvelables et notamment le nucléaire et le solaire avec à la clé deux gros
budgets pour chaque source d’énergie. Doté d’un budget de 100 milliards de dollars le programme nucléaire saoudien prévoit la construction de 16 réacteurs d’ici 2030 d’une
capacité de 17 gigawatts. Quant au programme solaire, dotée d’un budget du même
montant que celui du nucléaire, il prévoit l’installation de panneaux photovoltaïques en plein désert capables de produire 41 gigawatts soit l’équivalent de 25 réacteurs nucléaires. Rappelons que l’Arabie Saoudite est le partenaire financier et logistique du projet solaire marocain de « Ouarzazate », situé aux portes du Sahara occidental, et dont le montant est évalué à près de deux milliards d’euros. Ce parc en construction, devrait couvrir près de 40% des besoins énergétiques du Maroc dès 2020. Toutefois M. Al Naimi estime que « cela va prendre du temps et que les énergies fossiles vont continuer de dominer nos économies jusqu’à au moins 2050 »
---
Les pays de Golfe vous attirer les investisseurs étranger et ainsi créer un réseau d'industries et de services viableq. Ils vont devenir plus indépendants par rapport à l'Occident, mais aussi plus interdépendants et inter-coopératifs, ce qui pourrait, logiquement, diminuer les risques de conflits de voisinages et autres.
Réponse de le 31/08/2015 à 20:40 :
Alain d > "L’Arabie saoudite reconnaît qu’un jour le monde n’aura plus besoin d’hydrocarbures. "

On a déjà connu. Voilà à quoi ça ressemblait:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%A9delon
a écrit le 25/08/2015 à 14:03 :
Il y a quelques semaines, à peine, le ministre saoudien concerné annonçait déjà qu'un baril à 20$ ne le dérangeait pas..., et il mettait comme objectif, supérieur et prioritaire, de maintenir, coute que coute, ses parts de marchés ..., le reste passe après.
C'est simple et limpide ! Même si cela peut donner le vertige quand c'est le plus gros acteur du marché, avec des capacités de production énormes, qui l'annonce et que le contexte est à une baisse de la demande.

Les analystes analysent,
Les experts expertisent,
...
Il me semble que c'est plutôt une stratégie gagnante qui se met en place ! Ne l'est-elle pas ?
a écrit le 25/08/2015 à 13:51 :
N'importe quoi...
1/ la production de l'Arabie Saoudite a augmente de 10%, soit une augmentation de 1% de la production mondiale. Ou est l'inondation?...
2/ la production de petrole en Arabie Saoudite n'a augmente qu'apres que les prix du petrole ait deja entame leur baisse.
3/ Une grande partie de la hausse de la production a servi a repondre a la forte augmentation de la demande interieure. D'ailleurs le Royaume a recemment annonce une reduction de la production, sans diminution des exportations.
a écrit le 25/08/2015 à 12:40 :
Monsieur,

Votre article est intéressant car différent des autres et il est vrai que l'Arabie Saoudite à un déficit budgétaire.

Mais lorsque vous dites que ce pays a inondé le marché pétrolier, c.a.d. drastiquement augmenté sa production pétrolière, il me semble que vous y allez un peu fort. Cette stratégie a quand même certain effet, par Example BHP Billiton a annoncé qu'il allait arrêter d'exploiter 40% de ses plateformes de pétrole de schiste aux Etats-Unis pour tenter de faire face à la chute des cours de l'or noir. Le nombre des plateformes exploitées passera de 26 à 16 d'ici à la fin juin. Avec les conséquences sur l'emploi que l'on imagine.

Que les Saoudiens aient eu une vue à cours terme plutôt qu'à long terme, cela ce peut, peut être aurait - il mieux fallu réduire la production.
Réponse de le 25/08/2015 à 13:40 :
A priori, d'après M. Santi cette stratégie ne peut pas être efficace car à la moindre remontée du prix du pétrole, les producteurs de gaz de schiste peuvent très rapidement revenir sur le marché en ouvrant de nouveaux puits. Les fermetures que vous indiquez ne seraient donc que structurellement très passagères.
J'interprète juste ce que dit M. Santi, sur la question je n'ai personnellement pas d'avis. Enfin si, il faudrait franchement se calmer avec le pétrole car on court à la catastrophe...
Réponse de le 25/08/2015 à 14:33 :
@Aloulou
Pour l'instant la "catastrophe profite à l'Europe (hormis Royaume-Uni et Norvège). Donc excellent pour la Zone Euro, dont ces deux nations n'appartiennent pas.
Seuls nos secteurs pétroliers et para pétroliers sont sous pression.
Ils vont s'adapter.
La baisse du pétrole est plus importante que celle de l'euro. Un Euro bas facilite les exportations, mais hausse le prix des matières premières qui proviennent de nations extra-ZE.
Le pétrole et les matières baissent, mais sont en $, alors heureusement que ces baisses existent, sans quoi, l'addition serait salée pour nos industriels et ceux de la ZE.
a écrit le 25/08/2015 à 12:26 :
L'arabie Saoudite n'est pas la Russie. Le bras de fer entre pays producteur est evident et les US ont remporte la premiere manche. Cela suffit-il a dire que la guerre est finie ? Pas si sur.
Réponse de le 25/08/2015 à 17:57 :
"les US ont remporte la premiere manche"
Gaz de schiste :
Schlumberger, Halliburton et Baker Hughes ont déjà supprimé plus de 30000 emplois.
Et l’arrêt des foreuses s’accélère au fur et à mesure que le cours baisse.
Réponse de le 28/09/2015 à 22:22 :
il ne fallait pas surtout oublier l'argent des pelerins que l'arabie engrange chaque année et qui est regulier de 15milliards de US par année,

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