Le patriotisme économique, oui mais...

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Bernard Cohen-Hadad
Bernard Cohen-Hadad (Crédits : Reuters)
Par delà les rodomontades et les unes de magazines, ce que pourrait être le patriotisme économique. Par Bernard Cohen-Hadad, président du Think tank Etienne Marcel

Alors qu'un certain nombre d'initiatives fleurissent pour mettre en valeur le « made in France », cette prise de conscience doit sortir des discussions de salons ou de la martingale que l'on met en avant pour, un bref moment, faire la une des magazines. La problématique n'est pas nouvelle et, malgré les déclarations politiques, nous sommes toujours dans l'attente des vrais programmes, et des moyens, qui sauront mettre à l'honneur les talents, les savoir-faire et la qualité de notre tissu économique.

Mettre en valeur les entreprises en France et la qualité de ce que nous fabriquons, le courage et la réussite des reprises, ou des transmissions, n'est pas dans notre culture même si les politiques vantent les mérites des entrepreneurs, et du monde agricole, à chaque événement des organisations patronales, à chaque salon de l'agriculture. Est-ce suffisant, bien entendu, non ! Dans la mondialisation, la France ne doit pas tourner le dos à ce qui se conçoit, se produit et fait quotidiennement la particularité dans nos régions.

La fierté économique doit sortir du placard où on la range

Quand on est entrepreneur, affirmer ce que l'on est et croire à ce que l'on fait, même dans un petit village, n'est pas une tare. Cette attitude positive est même fondamentale pour la relance et pour l'emploi de proximité d'autant que dans le cadre de notre engagement européen, on ne peut laisser un sujet comme celui de la promotion de nos savoir-faire et de la préférence nationale aux polémiques politiciennes qui prônent la sortie de l'Union Européenne, le retour au Franc et la fermeture de nos frontières. La fierté économique doit sortir du placard où on la range. Elle peut créer les conditions d'un développement positif de nos entreprises en France, en simplifiant nos normes, en allégeant notre fiscalité, en améliorant notre dialogue social, en ouvrant les yeux sur les freins qui ralentissent notre compétitivité. Ainsi, les entreprises pourront bénéficier d'un environnement serein, réorienter leurs investissements en France, développer et valoriser leurs relations avec nos PME, et créer de la richesse pour l'emploi.

Pas d'ultra libéralisme

Aujourd'hui, notre société vit dans la morosité. Elle ne croit plus à grand-chose. Nos citoyens se sentent politiquement abandonnés et économiquement paupérisés. Les entrepreneurs attendent, pour se développer, la réalité de la stabilité et plus de libertés économiques. Et nul responsable responsable ne souhaite voir se développer un ultra libéralisme ravageur. Il faut réaffirmer nos valeurs. Et elles s'expriment quotidiennement par les TPE-PME qui jouent le jeu de l'économie de proximité, ne délocalisent pas leur savoir-faire ni l'emploi.

Les PME et les grandes entreprises doivent travailler ensemble. Nos grandes entreprises françaises savent réussir à l'international, elles ont des moyens. Elles peuvent montrer l'exemple. C'est justement dans la mondialisation qu'elles doivent se souvenir qu'elles appartiennent à une communauté de destin.

Avancer sans passions, y compris sur la souplesse de l'emploi

Face à la concurrence internationale, nous devons mettre avant la « qualité France ». Créer, sans honte, un environnement économique favorable. Les PME marchandes et nos grands groupes ne peuvent pas perdre de l'argent sur notre territoire au seul motif que leur activité est en France. Le patriotisme économique, ce n'est pas plomber nos entreprises et « compliquer la vie » de celles qui pourraient s'installer en France. Tout doit être mis en œuvre pour que nos entreprises puissent améliorer leurs marges en France. La question de la souplesse de l'emploi doit avancer sans passions. On en est loin.

Promouvoir nos produits, valoriser nos compétences, accompagner les repreneurs, accepter l'entreprise telle qu'elle est réellement c'est promouvoir le vrai changement et élargir l'idée de partage. Nos amis allemands, dans la tradition de l'ordo-libéralisme, portent une grande attention au « Rahmen », le cadre, l'environnement des entreprises. Chez nous, une partie des patrons, et beaucoup de notre jeunesse qui entreprend, l'ont compris. Ils s'investissent à redonner vie ou à développer ce qui fait, une tradition, un bon produit ou un bel ouvrage. Et Il y a nouvelle clientèle, en France et à l'international, à la recherche de plus d'authenticité, du fait main, et de vraies saveurs. C'est pourquoi, il faut continuer les réformes, être novateur et créer, en France, les conditions pour que nos entreprises y soient aussi valorisées.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 16:50 :
Le patriotisme économique si ç est Trierweiler a l élysée ! Macaron Hamon peillon et Valls inscrit au registre du commerce en totale contradiction avec l article 23 de la constitution de 1958 on en veut effectivement pas !
a écrit le 16/09/2015 à 13:40 :
Patriotisme économique, laissez moi rire! Payer 2 à 3 fois plus cher pour le même produit qui sera passé par les taxes en tous genre, les acheter dans les mains de personnes qui vous font la gueule, sans service, qui ne livre pas "en Guyane Française" même si c'est la France...
Je préfère acheter directement en Chine ou à Singapour au 1/3 du prix avec un service et eux se moquent que j habite dans un département d'outre mer, ils ne savent même pas lire l'adresse, ils font un copié collé et je reçois mes paquets.
Alors votre préférence nationale ne pourra ce vendre qu'a ceux qui ne sont jamais sortis de France pour apprécier le SERVICE et le PLAISIR de vendre.(allez aux USA Brésil)
a écrit le 16/09/2015 à 13:02 :
Les politiques vantent les mérites des entrepreneurs, mais en même temps les assomment de taxes et de normes délirantes, de contrôles et de mépris.

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