Les startups, maillons forts d’une autonomie stratégique européenne
Jérôme Faul
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![La souveraineté
numérique,
technologique ou
industrielle nécessite
d’importants moyens
pour financer
l’innovation. [DR]](https://pictures.latribune.fr/cdn-cgi/image/format=auto,width=1200,height=675/676/1344676.jpg)
La souveraineté numérique, technologique ou industrielle nécessite d’importants moyens pour financer l’innovation. [DR]
DR
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![La souveraineté
numérique,
technologique ou
industrielle nécessite
d’importants moyens
pour financer
l’innovation. [DR]](https://pictures.latribune.fr/cdn-cgi/image/format=auto,width=1200,height=675/676/1344676.jpg)
La souveraineté numérique, technologique ou industrielle nécessite d’importants moyens pour financer l’innovation. [DR]
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La vente survenue récemment de deux fleurons technologiques français, Latécoère et Photonis, serait, il y a encore peu, restée hors radars (lire page 17). Mais les temps changent. Inquiets de voir partir dans des mains étrangères des technologies qu'ils estimaient essentielles pour la défense en France, 17 députés, ont interpellé en fin d'année dernière le Premier ministre. « Notre autonomie stratégique repose sur notre aptitude à maîtriser des compétences scientifiques, technologiques et industrielles clés », ont-ils lancé à Édouard Philippe. Le refrain n'est pas nouveau. Mais il a clairement repris de la vigueur depuis quelques mois.
Les craintes que soulèvent les Gafa, grands ordonnateurs de nos vies digitales, ou Huawei, suspecté de mettre en danger la confidentialité des données véhiculées par la 5G, comptent beaucoup dans cette prise de conscience. Il en va de même de la bataille pour le leadership technologique, dont la 5G n'est qu'une des pièces maîtresses, que se livrent les États-Unis et la Chine. Cette nouvelle guerre froide pousse l'Europe et ses membres à sortir de leur torpeur et revisiter leurs dogmes. Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, le martèle régulièrement : sans souveraineté numérique, point de souveraineté politique.
Cette quête de souveraineté ne saurait toutefois se résumer à l'existence d'un Internet et d'un cloud européens. Il serait aussi regrettable de croire que cette souveraineté peut trouver une réponse définitive dans des postures purement régulatrices (par exemple, la sécurité et la propriété des données, un cadre concurrentiel adapté). Cette régulation est évidemment indispensable. Mais elle sera d'autant plus légitime que, en même temps, l'Europe maîtrisera des technologies critiques, capables de s'imposer comme des standards internationaux. Autrement dit, sans innovation, point de souveraineté numérique, technologique ou industrielle.
Jérôme Faul