Personne n'aime l'austérité
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« Austérité » : caractère de quelqu'un ou de quelque chose qui est sévère, rigueur. Par exemple, l'austérité de la vie monacale. Tout respectable que soit le choix de ce genre de vie spirituelle, l'austérité n'est pas a priori le mode de vie que la majorité d'entre nous veut adopter. Le concept est devenu populaire depuis la crise de la dette de la zone euro, en particulier celle de la Grèce, synonyme de mesures drastiques imposées par Bruxelles, sous l'influence d'une Allemagne obsédée par la maîtrise des déficits. Le Larousse a d'ailleurs intégré cette définition économique parlant d'une « politique économique visant à réduire l'ensemble des revenus disponibles pour la consommation, par le recours à l'impôt, au blocage des salaires, à l'emprunt forcé, aux restrictions de crédit et au contrôle des investissements ».
Mais, y recourir est davantage dicté par la nécessité de réduire des dettes qui ont atteint un niveau tel - 99 % du PIB en France ! - qu'il menace l'économie mondiale d'une crise financière systémique. Car quoiqu'en disent les « anti-austérité », une économie qui accumule durablement les déficits est le signe d'un dysfonctionnement qu'il faut régler. Malheureusement, les gouvernements, craignant de se rendre impopulaires, et de ne pas être réélus, évitent d'y recourir. À tort, si on en croit l'ouvrage qui vient de paraître sur le sujet : Austerity : when it works and when it doesn't (Princeton University Press) signé par trois économistes, Alberto Alesina, Carlo Favero et Francesco Giavazzi. Ayant analysé les données de 16 pays développés entre 1981 et 2014, ils concluent qu'il est préférable de réduire les dépenses publiques plutôt que d'augmenter les impôts pour baisser les déficits et donc la dette, car l'impact négatif est moindre sur l'activité et l'emploi.
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Selon eux, un plan d'ajustement équivalent à 1 % du PIB réalisé via une majoration des impôts entraîne une baisse du revenu par habitant comprise entre 1 % et 2 % au cours des deux années suivant la décision, effet qui se maintient jusqu'à quatre ans plus tard, avec une baisse de l'activité oscillant entre 1,5 % et 2,5 %. Si le même ajustement budgétaire se fait par une réduction des dépenses publiques, la réduction du revenu par habitant est minime, entre 0 % et 0,5 % durant les deux années suivantes, et peut même dans certains cas remonter à partir de la troisième année au niveau d'avant le plan d'austérité. Quant à la réduction de la dette, quel que soit le scénario considéré (niveau de la dette oscillant entre 60 % et 120 % du PIB ou coût différent de son service), l'ajustement type montre une baisse du ratio de l'endettement sur PIB de 1 % par an après deux années, et à un rythme annuel de 2 % après quatre ans.