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Quels défis pour la French Tech ?

Franck Sebag et Jérôme Fabry

Publié le 25 février 2022 à 12:19 - Mis à jour le 02 mars 2022 à 10:35

Fabry, Sebag, composite, EY

Photo d'illustration

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Alors que les startups françaises ont levé 11,6 milliards d'euros de fonds l'an dernier, Franck Sebag, et Jérôme Fabry*, tous deux associés chez EY, expliquent les défis de la French Tech pour les prochaines années.

En 2021, les start-up françaises ont levé 11,6 milliards d'euros. C'est un nouveau record. Dans ce millésime, on trouve 12 nouvelles licornes et 22 tours de tables supérieurs à 100 millions d'euros.

La French Tech continue d'accélérer malgré la crise, et c'est une excellente nouvelle. Un élan qui s'explique notamment par la maturation de l'écosystème et l'amélioration de l'image de la France auprès des investisseurs étrangers. Les succès technologiques de ces dernières années ont donc su combler le déficit de visibilité dont souffrait l'économie tricolore il y a encore seulement dix ans !

Cependant si la place de la France en Europe s'est affirmée, l'Hexagone est encore dépassée en dynamisme par les écosystèmes anglais et allemand. Un constat qui nous invite à réfléchir aux défis qui attendent la French Tech dans les prochaines années.

Accélérer la présence d'investisseurs européens

Lorsqu'on analyse le profil des investisseurs qui travaillent avec les entreprises du Next40, on s'aperçoit que les investisseurs internationaux représentent désormais près de 50 % du panel d'investisseurs.

Si l'on doit se féliciter de leur participation dans un écosystème en pleine construction qui témoigne aussi de l'embellie de l'attractivité française, ce chiffre n'est pas sans soulever des questions sur la souveraineté économique et technologique de l'Hexagone.

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Le défi dans les années à venir est donc d'augmenter la part des financements français et européens dans le mix de financement global. Une démarche qui rejoint la proposition du ministre de l'Economie de développer la Tech européenne (Scale up Europe) et ainsi combler la faiblesse du financement qui existe encore pour les tours de table supérieurs à 100 millions d'euros.

Construire des voies permettant d'ouvrir des options d'Exit

Le premier défi est celui des opérations de sortie, synonymes d'introduction en bourse ou de cession. C'est à cette étape que les investisseurs peuvent solder leur investissement et les entreprises financer leur croissance.

Malgré des montants investis en constante augmentation, peu de sorties importantes ont été réalisées ces dernières années.

En ce qui concerne les introductions en bourse, la principale raison vient du manque d'appétence et de compétences spécialisées au sein des investisseurs et analystes en capacité de suivre ce segment de marché. La French Tech est encore relativement jeune. Elle n'a pas eu le temps de voir les montants investis se traduire dans les sorties.

Sur les cessions industrielles, force est de constater que les grands corporate français et européens sont peu présents à la différence des grands corporate US ou chinois qui construisent leur croissance et leur hégémonie géographique via des acquisitions de pépites.

La réponse à nos questions de souveraineté ne peut pas se limiter à des lois régulant la présence des acquéreurs étrangers. Il est nécessaire d'avoir une prise de conscience massive des acteurs européens sur le sujet.

Créer des filières d'éducation dédiées

Le financement n'est pas le seul critère à prendre en compte pour faire décoller une jeune pousse et la hisser au firmament de la French Tech. Les talents font évidemment tout autant partie de l'équation.

Comme le soulignent les difficultés de recrutement dans les domaines numérique et industriel, la guerre des talents est bien réelle. Certains dirigeants se heurtent par ailleurs à des disparités entre les compétences proposées et les besoins de leur entreprise.

Ce constat plaide pour que soient créées des filières d'enseignements dédiées aux nouveaux métiers. Des vocations sont à inspirer. Il faut convaincre les jeunes de s'engager dans des métiers qu'ils ne connaissent pas encore et où ils pourront construire leur avenir. Ces actions doivent être lancées y compris dès le plus jeune âge afin d'être en capacité de faire émerger plus de talents et surtout gagner la bataille de la diversité.

Faire émerger des champions de la deep tech

Le dernier vœu formulé pour la French Tech est celui du passage de l'innovation à l'industrialisation. Dans un contexte où la France continue de creuser son déficit commercial, reconstruire sa capacité à produire et exporter doit être une priorité.

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Encore peu nombreuses, les start-up industrielles sont trop souvent freinées par des contraintes réglementaires et connaissent un manque chronique de financement. La France a pourtant une carte à jouer en la matière. Les entrepreneurs bénéficient de soutiens spécifiques et notre pays peut compter sur un héritage industriel qui n'a rien à envier à ses voisins.

----------

*Franck Sebag est Associé, Assurance, Fast Growing Companies leader, Western Europe chez EY, et Jérôme Fabry est Associé, EY-Parthenon, Secteur public et Education, France,

Franck Sebag et Jérôme Fabry

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