Tous sur écoute
Marc Endeweld
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... olitique sur le qui-vive.
Dans ses bureaux de la rue de Miromesnil, Nicolas Sarkozy exulte. Ses pires ennemis - les magistrats du pôle financier - sont pris la main dans le sac. Dans le cadre d'une enquête préliminaire entre 2016 et 2019, ils ont espionnés les téléphones de grands ténors du barreau parisien, qui ont pour caractéristique commune d'avoir appelé maître Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy. Et il y a du beau monde : Dupond-Moretti, Veil, Haïk, Lussan, et Canu-Bernard. Les magistrats financiers se sont également intéressés à la « géolocalisation » des téléphones concernés. Un Big Brother grandeur nature opportunément révélé par Le Point deux semaines avant le remaniement. « On va l'utiliser comme prétexte pour supprimer le PNF ! », s'exclame l'ancien président auprès de l'un de ses amis venu lui rendre visite. Nicolas Sarkozy n'est pourtant pas étonné. Quelques jours plus tôt, il avait été tenu au courant que le dossier allait sortir... « On va le sortir. Tu fais ton indigné et Belloubet va demander une enquête », lui a même glissé son ami Macron, comme Sarkozy aime le répéter auprès de son entourage.
« Ton indigné. » Au sein du pouvoir, ils sont peu nombreux à conserver leurs illusions sur le respect de la loi concernant les écoutes et surveillances électroniques. Entre les multiples lois « antiterroristes » qui se sont multipliées depuis une vingtaine d'années et les évolutions technologiques, rien n'est plus facile aujourd'hui que d'espionner à distance. « Les smartphones sont devenus de véritables mouchards », avertit un policier spécialisé dans la sécurité informatique. L'arme fatale reste Pegasus, un logiciel israélien capable d'intercepter en temps réel l'écran de votre iPhone. Même plus besoin de passer par le GIC - le groupement interministériel de contrôle -, il suffit de se procurer le matos adéquat via des officines privées.
Marc Endeweld