L’Elysée entre chiens et loups
Marc Endeweld
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... e droite Philippe de Villiers et l'ancien soixante-huitard Daniel Cohn Bendit.
Ce soir d'août, c'est la fête à l'Elysée. Le couple Macron a invité les principaux ministres du gouvernement, mais également certains de ses plus fidèles soutiens. Après la période de l'épidémie de Covid-19, l'heure est à la détente auprès du chef de l'Etat. Le carton d'invitation indique 20h30. Les premiers invités arrivent par grappes, remontant la cour d'honneur, traversant ensuite les salons pour rejoindre le jardin. C'est sur la pelouse que les tables ont été dressées, des flambeaux ont été disposés un peu partout autour. Quand on s'éloigne des tables, les visages sont plongés dans une demi-obscurité d'été. Le président reste debout sur les marches qui amènent au jardin. À ses côtés, se tient Olivier Dussopt, cet ancien socialiste venu de l'Ardèche promu ministre délégué des comptes publics lors du dernier remaniement. Les deux hommes vont continuer à échanger à l'écart du reste des invités toute une partie de la soirée. De son côté, Brigitte Macron passe de table en table pour saluer les convives.
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Tout d'un coup, des cris s'échappent de la salle des fêtes du palais : « C'est vous le sauvage ! », « Des années de colonisation pour aboutir à quoi ? À la guerre civile ! », « On ne gouverne pas la France pour les bobos ! », « Oh, mais le seigneur de Vendée n'est pas content ? » Piqués dans leur curiosité, certains des invités se rapprochent de la salle des fêtes. Un petit attroupement forme une sorte de cercle, comme pour assister à un combat de boxe. Au milieu de l'arène improvisée, on trouve le vicomte Philippe de Villiers en grande joute avec l'écolo soixante-huitard Daniel Cohn Bendit. « Cher monsieur, moi, j'ai l'écoute d'Emmanuel, il sait que l'Europe est le seul projet progressiste possible, le seul projet pour la France », assène ce dernier, pas mécontent de son petit effet « je suis l'ami du président ». « Vous voulez savoir ce qu'il me dit le Président ? Il me dit que j'ai bien raison de critiquer les technocrates, qu'ils soient de Paris ou de Bruxelles », lui répond de Villiers. Et l'homme de droite de tacler l'ancien gauchiste : « Et comment vous pouvez vous dire l'ami du président, alors que son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin cite explicitement un auteur d'extrême droite, Laurent Obertone, en parlant "d'ensauvagement" de la société... Ce n'est pas vraiment vos idées, non ? ».
Marc Endeweld
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