Une directrice du développement durable qui devient directrice générale  ?

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Cette nomination vient illustrer, et saluer, la grande pertinence des compétences développées par les responsables RSE durant de nombreuses années: force de conviction, humilité, débrouillardise, courage… Elle porte également un espoir : celui de voir enfin se féminiser les CODIR de nos grandes entreprises françaises.
Cette nomination vient illustrer, et saluer, la grande pertinence des compétences développées par les responsables RSE durant de nombreuses années: force de conviction, humilité, débrouillardise, courage… Elle porte également un espoir : celui de voir enfin se féminiser les CODIR de nos grandes entreprises françaises. (Crédits : Mike Segar)
Il y a tout juste 12 mois, je prenais la plume pour expliquer en quoi les directeurs et directrices du développement durable avaient, de mon point de vue, toutes les compétences nécessaires pour accéder à des fonctions de direction générale, et ce à très court terme. Le 30 janvier dernier, le géant suédois H&M a enfin franchi le pas, en nommant Helena Helmersson, ex responsable du développement, à sa tête. Par Caroline Renoux, CEO de Birdeo.

Parmi les grands sujets de discussion abordés à Davos cette année : l'urgence climatique, la nécessaire inclusion sociale et sociétale, et in fine la question du sens même de l'entreprise, de ses produits et de ses services, dans un tel contexte. Preuve s'il en fallait encore que notre économie se remet profondément en cause, et s'affirme à l'écoute de celles et ceux qui, dans l'ombre depuis des années, s'emploient à optimiser son impact sur la société. Eux, elles, ce sont les directeurs et directrices du développement durable.

Il y a un an déjà, je mettais en exergue leur excellente culture générale de l'entreprise, leur aptitude à comprendre la complexité et l'interaction des grands enjeux sociaux et environnementaux, ou encore leur capacité à dialoguer avec les parties prenantes (ONG, syndicats, représentations locales...). Un directeur ou une directrice du développement durable doit en effet en permanence négocier et convaincre de la pertinence de ses projets, de la valeur ajoutée qu'ils apportent. Le tout bien souvent avec de toutes petites équipes (voire pas d'équipe du tout), et des budgets plus que serrés. Le directeur ou la directrice du développement durable s'est ainsi habitué.e à l'humilité, aux compromis, à la négociation. Il.elle porte des valeurs fortes, sans adopter la posture d'un militant pour autant. Il.elle est tenace et persévérant.e.

Des profils qui ont beaucoup évolué

Depuis dix ans maintenant, je vois les profils de la fonction évoluer drastiquement. Et plus particulièrement ces deux dernières années. Ils ont en effet gagné en charisme, en
capacité à prendre la parole - leur leadership d'influence étant chaque jour plus fort. Ils ont également progressé en finance, en stratégie d'entreprise. Ils comprennent et savent faire évoluer les business models. Ce sont eux encore qui, suite à la loi Pacte, favorisent la "raison d'être", à savoir l'ambition d'intérêt général qu'entendent poursuivre les dirigeants dans le cadre d'une entreprise commerciale. Mais le point sur lequel ils ont le plus progressé je pense, c'est le courage. Le courage de délivrer des messages qui bouleversent les paradigmes. Mais le courage aussi de rester et de faire bouger les lignes des grandes entreprises, quitte à déplaire en externe.

Aussi, tandis que certains veulent voir disparaître la fonction, au prétexte que le
développement durable s'insère désormais partout, je réponds qu'au contraire, il faut les promouvoir aux postes de directeur général, et le plus rapidement possible! Je suis
convaincue qu'ils sont en effet les seuls en mesure de bâtir un capitalisme bienveillant,
inclusif et favorable à l'environnement. Par ailleurs, je constate chaque jour que les
directeurs développement durable à haut potentiel sont bien souvent des directrices. La fonction développement durable ne serait-elle donc pas également la voie royale pour féminiser les directions générales ?

Caroline Renoux

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Commentaires
a écrit le 24/02/2020 à 16:41 :
"Preuve s'il en fallait encore que notre économie se remet profondément en cause"

Non, définitivement, quand nos dirigeants politiques et économiques parlent d'un truc cela veut plutôt dire, si on se réfère à leurs paroles passées, qu'ils éludent le problème de cette façon là, on fait des promesses devant ses médias de masse et ensuite on les renie dans le quotidien local d'un bled inconnu tiré à trente exemplaires, c'est un classique.

Regardez l'Europe par exemple, jusqu'à présent nous n'avons eu que des mots et de l’autoritarisme économique et social et c'est tout, toujours pas d'europe au rendez-vous. D'ailleurs ils nous affirmaient que si l'europe pataugeait c'était à cause des anglais alors que même sortis de l'UE cette dernière n'arrive toujours pas à se mettre d'accord aussi facilement qu'avant, bavardages, enfumages et mensonges au final étant les seuls éléments qui caractérisent ce truc.

Disons qu'il faut que les propriétaires de capitaux et d'outils de production du monde se mettent à penser, agir et investir contre leur propre cupidité maladive sinon cela ne sera encore une fois que pour paraître écolo et non l'être. C'est pour cela qu'il convient d'être méfiant et de ne pas affirmer qu'ils ont prit conscience d'un problème alors qu'en en parlant seulement.

Qu’ils ferment leurs paradis fiscaux et là on les croira bien plus facilement, en attendant et comme nous l'exposent tous leurs représentants politiciens, ils ne sont que paroles, bavardages et promesses tandis que nous imposant misère et chaos.

Alors c'est bien d'être enthousiaste c'est sûr mais revenez témoigner dans un an svp, merci.

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