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Politique - La Tribune Bordeaux

LGV : Alain Rousset inquiet du refus du Grand Dax de payer pour le GPSO

Jean-Philippe Déjean

Publié le 07 janvier 2022 à 16:09 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:22

Alain Rousset CP rentrée janvier 2022

Alain Rousset

Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine/Sébastien Blanquet-Rivière

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce vendredi 7 janvier, le président (PS) de Nouvelle-Aquitaine a notamment fait le point sur l'avancée du financement par les collectivités du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), qui n'est pas encore bouclé. Alain Rousset a aussi abordé les limites d'Horizéo, le plus grand projet photovoltaïque d'Europe qui va nécessiter l'abattage de 1.000 hectares de forêt en Gironde.

Lors de sa conférence de presse de rentrée Alain Rousset, n'a pu faire l'économie d'une nouvelle explication de texte sur le financement du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Ce chantier à 14 milliards d'euros doit permettre de relier grâce à deux lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux à Dax et Bordeaux à Toulouse. Les collectivités concernées doivent s'acquitter de 40 % de cette facture, au même niveau que l'Etat, tandis que l'Union européenne doit boucler les 20 % restants. Le gouvernement de Jean Castex ayant fixé un calendrier serré pour la validation par les collectivités de leur quote-part à payer, la fin de l'année 2021 a été rythmée par une course à la mobilisation de ces assemblées pour voter leurs financements.

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Une séquence dans laquelle Alain Rousset, fervent promoteur du GPSO, s'est engagé à fond. Au bout du compte quatre collectivités, les conseils départementaux de Gironde et de Lot-et-Garonne, la communauté d'agglomération du Grand Dax et la communauté d'agglomération du Pays basque ont refusé de participer au financement du GPSO.

Le refus du Grand Dax de payer : un coup de couteau dans le dos

Cette déconvenue plombe-t-elle pour autant le projet ? Selon nos calculs il manquerait de l'ordre de 250 millions d'euros pour compléter l'addition. Un chiffre correspondant à l'évaluation d'Alain Rousset, qui estime ce complément autour de 200 millions d'euros.

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Mais le président de Région a mis ce matin l'accent sur un blocage qui semble le préoccuper au premier chef : celui du Grand Dax.

"L'agglomération de Dax, et j'ai rencontré le maire de la ville, refuse de participer au financement du GPSO, mais on ne peut pas nous demander de réaliser simultanément les deux LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse si Dax ne joue pas le jeu ! C'est un coup de couteau dans le dos, car sans la LGV Bordeaux-Dax nous ne pourrons pas bénéficier du financement de l'Europe", a dénoncé le président de Région.

Sachant que Dax est le point de passage obligé pour rallier ensuite Hendaye et la frontière espagnole. Une deuxième partie de LGV vers l'Espagne qui s'annonce elle aussi compliquée puisque la communauté d'agglomération du Pays basque, qui regroupe 158 communes basques, a également voté contre le financement du GPSO.

Alain Rousset reste sûr qu'il peut convaincre

Questionné sur l'agenda du projet, Alain Rousset a précisé que serait bientôt créée l'association de préfiguration, avant l'adoption de l'ordonnance du Conseil d'Etat. Au programme également la mise en place de l'établissement public local qui va permettre de gérer le financement du GPSO.

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"Concernant les 200 millions d'euros à trouver, pour avoir vécu l'expérience du financement de la LGV Tours-Bordeaux, je ne désespère pas de convaincre !", a rassuré en substance Alain Rousset.

Qui s'est félicité d'un joli retour sur investissement avec le versement dans les caisses de l'établissement public local du montant des péages au fil de l'exploitation des deux lignes, pour un peu plus d'un milliard d'euros. Le bouclage du financement du GPSO devrait ainsi être l'objet de nouvelles négociations avec les collectivités locale et avec l'Etat au cours des prochaines semaines, voire des premiers mois de 2022. Parce que pour le patron de la Région les enjeux sont élevés.

"Nous avons une décision historique à prendre à côté de laquelle je serais coupable de passer", a-t-il ainsi souligné.

Horizéo : un énorme projet bas carbone qui pose question

Le GPSO reste le plus gros plat de résistance des questions de mobilité vu de la Région et Alain Rousset s'est aussi naturellement penché sur la politique énergétique régionale. Avec là aussi un futur grand chantier qui suscite beaucoup d'intérêt : le gigantesque projet Horizéo, à Saucats, à 30 kilomètres au sud-ouest de Bordeaux, dans la forêt des Landes de Gascogne. Si l'ex-Aquitaine n'abrite aucun champ d'éoliennes, c'est sans doute le territoire du pays le mieux doté  en production d'énergie photovoltaïque.

Avec 1.000 hectares de forêt à défricher, un investissement prévisionnel d'un milliard d'euros et une production attendue d'un gigawatt d'électricité, Horizéo se présente comme "une plateforme énergétique bas carbone" mais sera aussi à terme le plus grand parc photovoltaïque européen. Gigantisme qui a conduit la commune de Saucats à saisir en janvier 2021 la Commission nationale du débat public, qui a répondu favorablement à cette demande en juillet dernier et vient d'ouvrir le site du débat consacré à Horizéo.

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"La politique énergétique évolue dans une forme de contradiction. Tout le monde est d'accord avec les énergies renouvelables mais les habitants riverains des projets en veulent de moins en moins. C'est ce que l'on voit en particulier avec les éoliennes. Pour Horizéo, on ne peut pas accepter qu'il y ait des avantages aux coupes d'arbres et à l'artificialisation des sols pour la pose des panneaux photovoltaïques.Si ce parc, qui doit couvrir 975 hectares de sol, se réalise ce ne sera pas aux conditions actuelles. Neoen et Engie (les porteurs du projet -Ndlr) doivent réfléchir pour permettre des installations agricoles dans le périmètre", a déroulé en substance Alain Rousset.

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Epurer les eaux sales pour l'arrosage des cultures

Ce dernier a également mis en avant que la transition écologique est présente dans toutes les politiques développées par la Nouvelle-Aquitaine, une collectivité par ailleurs engagée dans la "dédieselisation" des transports. Alain Rousset a également souligné l'importance de l'économie circulaire, sujet qu'il a illustré par la réutilisation en Israël des eaux usées pour l'arrosage des cultures. Une chose encore impossible en France pour des raisons réglementaires et qui impose de mettre en place de systèmes adaptés d'épuration des eaux.

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Il est également revenu sur les efforts déployés par l'exécutif régional en matière de formation d'ingénieurs, soulignant qu'après avoir doublé le nombre d'écoles supérieures pour rattraper le retard accumulé dans ce domaine, il faudrait encore le doubler pour imposer la région à un bon niveau. Sans oublier d'éclairer les dispositifs d'appuis aux entreprises mis en place par la Région pour faire de la Nouvelle-Aquitaine un territoire propice et attractif pour les innovateurs.

Ne pas appliquer à l'hôpital public le modèle des cliniques

Le mot santé a été l'une des clés de son intervention de ce vendredi matin. Pour parler des créations d'écoles d'infirmières dans l'ex-Limousin mais aussi des besoins « énormes » en auxiliaires de vie. Thématique qui a rapproché Alain Rousset de l'actualité sanitaire.

"Cette stratégie de Bercy de suppression des lits d'hôpitaux ne va pas. Il n'est pas possible d'appliquer le modèle des cliniques aux hôpitaux publics, cela ne marche pas. La Région ne peut pas ne pas s'exprimer à ce sujet. J'aimerais bien que les candidats à l'élection présidentielle parlent des services publics et pas simplement de la réduction des impôts pour les plus riches", a-t-il taclé.

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Quant à la navette aérienne Bordeaux-Paris il a jugé que c'est « un marronnier », expliquant que tout le monde, y compris le maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic, est d'accord pour rétablir un ou deux aller-retour par jour.

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Jean-Philippe Déjean

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