LGV : Alain Rousset inquiet du refus du Grand Dax de payer pour le GPSO
Jean-Philippe Déjean

Alain Rousset
Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine/Sébastien Blanquet-Rivière
Jean-Philippe Déjean

Alain Rousset
Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine/Sébastien Blanquet-Rivière
Lors de sa conférence de presse de rentrée Alain Rousset, n'a pu faire l'économie d'une nouvelle explication de texte sur le financement du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Ce chantier à 14 milliards d'euros doit permettre de relier grâce à deux lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux à Dax et Bordeaux à Toulouse. Les collectivités concernées doivent s'acquitter de 40 % de cette facture, au même niveau que l'Etat, tandis que l'Union européenne doit boucler les 20 % restants. Le gouvernement de Jean Castex ayant fixé un calendrier serré pour la validation par les collectivités de leur quote-part à payer, la fin de l'année 2021 a été rythmée par une course à la mobilisation de ces assemblées pour voter leurs financements.
Une séquence dans laquelle Alain Rousset, fervent promoteur du GPSO, s'est engagé à fond. Au bout du compte quatre collectivités, les conseils départementaux de Gironde et de Lot-et-Garonne, la communauté d'agglomération du Grand Dax et la communauté d'agglomération du Pays basque ont refusé de participer au financement du GPSO.
Cette déconvenue plombe-t-elle pour autant le projet ? Selon nos calculs il manquerait de l'ordre de 250 millions d'euros pour compléter l'addition. Un chiffre correspondant à l'évaluation d'Alain Rousset, qui estime ce complément autour de 200 millions d'euros.
Mais le président de Région a mis ce matin l'accent sur un blocage qui semble le préoccuper au premier chef : celui du Grand Dax.
Sachant que Dax est le point de passage obligé pour rallier ensuite Hendaye et la frontière espagnole. Une deuxième partie de LGV vers l'Espagne qui s'annonce elle aussi compliquée puisque la communauté d'agglomération du Pays basque, qui regroupe 158 communes basques, a également voté contre le financement du GPSO.
Questionné sur l'agenda du projet, Alain Rousset a précisé que serait bientôt créée l'association de préfiguration, avant l'adoption de l'ordonnance du Conseil d'Etat. Au programme également la mise en place de l'établissement public local qui va permettre de gérer le financement du GPSO.
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Qui s'est félicité d'un joli retour sur investissement avec le versement dans les caisses de l'établissement public local du montant des péages au fil de l'exploitation des deux lignes, pour un peu plus d'un milliard d'euros. Le bouclage du financement du GPSO devrait ainsi être l'objet de nouvelles négociations avec les collectivités locale et avec l'Etat au cours des prochaines semaines, voire des premiers mois de 2022. Parce que pour le patron de la Région les enjeux sont élevés.
Le GPSO reste le plus gros plat de résistance des questions de mobilité vu de la Région et Alain Rousset s'est aussi naturellement penché sur la politique énergétique régionale. Avec là aussi un futur grand chantier qui suscite beaucoup d'intérêt : le gigantesque projet Horizéo, à Saucats, à 30 kilomètres au sud-ouest de Bordeaux, dans la forêt des Landes de Gascogne. Si l'ex-Aquitaine n'abrite aucun champ d'éoliennes, c'est sans doute le territoire du pays le mieux doté en production d'énergie photovoltaïque.
Avec 1.000 hectares de forêt à défricher, un investissement prévisionnel d'un milliard d'euros et une production attendue d'un gigawatt d'électricité, Horizéo se présente comme "une plateforme énergétique bas carbone" mais sera aussi à terme le plus grand parc photovoltaïque européen. Gigantisme qui a conduit la commune de Saucats à saisir en janvier 2021 la Commission nationale du débat public, qui a répondu favorablement à cette demande en juillet dernier et vient d'ouvrir le site du débat consacré à Horizéo.
Ce dernier a également mis en avant que la transition écologique est présente dans toutes les politiques développées par la Nouvelle-Aquitaine, une collectivité par ailleurs engagée dans la "dédieselisation" des transports. Alain Rousset a également souligné l'importance de l'économie circulaire, sujet qu'il a illustré par la réutilisation en Israël des eaux usées pour l'arrosage des cultures. Une chose encore impossible en France pour des raisons réglementaires et qui impose de mettre en place de systèmes adaptés d'épuration des eaux.
Il est également revenu sur les efforts déployés par l'exécutif régional en matière de formation d'ingénieurs, soulignant qu'après avoir doublé le nombre d'écoles supérieures pour rattraper le retard accumulé dans ce domaine, il faudrait encore le doubler pour imposer la région à un bon niveau. Sans oublier d'éclairer les dispositifs d'appuis aux entreprises mis en place par la Région pour faire de la Nouvelle-Aquitaine un territoire propice et attractif pour les innovateurs.
Le mot santé a été l'une des clés de son intervention de ce vendredi matin. Pour parler des créations d'écoles d'infirmières dans l'ex-Limousin mais aussi des besoins « énormes » en auxiliaires de vie. Thématique qui a rapproché Alain Rousset de l'actualité sanitaire.
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Quant à la navette aérienne Bordeaux-Paris il a jugé que c'est « un marronnier », expliquant que tout le monde, y compris le maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic, est d'accord pour rétablir un ou deux aller-retour par jour.
Jean-Philippe Déjean