Vent debout contre le plan de suppression de près de 60 emplois d’ingénieurs à Cesson-Sévigné près de Rennes, les salariés d’InterDigital veulent éviter la « casse sociale » et les licenciements contraints. Ils se mobilisent pour faire évoluer un PSE annoncé dans un contexte de forte croissance de l’entreprise de technologies. InterDigital, dont le siège se situe aux États-Unis, justifie sa décision par la préservation de son modèle et de sa compétitivité.Les salariés rennais d'InterDigital ont pu discuter avec plusieurs députés européens dont Leïla Chaibi (Groupe de la gauche) et Raphaël Glucksmann (Groupe socialiste et démocrate). C'était le 6 juillet dernier, les salariés rennais d'InterDigital devant le Parlement européen de Strasbourg où ils s'étaient retrouvés pour donner du poids à leurs revendications. Trois jours plus tard, le 9 juillet, une délégation était reçue au ministère de l'Économie pour rencontrer le directeur de cabinet de Cédric O, le secrétaire d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques.
Ces ingénieurs et élus syndicaux souhaitaient interpeller les pouvoirs publics sur la situation de l'antenne rennaise du groupe américain InterDigital, coté au Nasdaq à New York, et spécialisé dans les technologies sans fil, la vidéo et le commerce de brevets. Le 10 juin, ce dernier a annoncé aux 141 salariés de son laboratoire de Cesson-Sévigné (180 avec les fonctions supports), un plan de suppression de postes massif concernant 60 postes en R&D, soit plus de 40% des effectifs.
Basée à Issy-les-Moulineaux (25 personnes) et à Rennes, l'activité française d'InterDigital s'est constituée, en deux temps, avec le rachat de deux entités de Technicolor (ex-Thomson) : l'activité licences et brevets en juillet 2018 (ICPH), puis, en 2019, l'activité Recherche et Innovation (IRDF) employant 200 personnes, dont 150 à Rennes dans des domaines comme la vidéo, la réalité augmentée et virtuelle et les réseaux.
Lobbyiste actif au Parlement pour la 5G
« Nous sommes allés à Strasbourg pour symboliquement y dénoncer le double langage du groupe InterDigital, en particulier auprès de la Commission européenne et du Parlement » explique Pierrick Jouet, secrétaire du CSE. « InterDigital est un lobbyiste très actif en matière de déploiement de la 5G et il n'est pas acceptable qu'il continue à se présenter auprès des instances européennes comme un groupe technologique exemplaire et soucieux de responsabilité sociale et environnementale, alors que son plan brutal de suppression d'emplois démontre le contraire. »