Après une année sombre en 2020, où elle avait vu son chiffre d'affaires reculer de 20% (4,2 milliards d'euros) sous l'impact mondial de la crise sanitaire, la filière champagne est repartie à la hausse en 2021. Avec 300 millions de bouteilles vendues, les volumes devraient s'établir cette année au même niveau qu'en 2019. Une sortie de crise rapide, sans conséquences graves. Mais qu'en sera-t-il à l'avenir ?
"L'avenir est forcément incertain avec le dérèglement climatique. C'est déjà une réalité dans la vigne", reconnaît François Van Aal, président du champagne Lanson à Reims (250 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 80 % à l'export)."Une entreprise comme la nôtre, dans le secteur du luxe et à l'international, ne peut pas établir une stratégie de marque sans intégrer une réflexion sur sa responsabilité sociétale et environnementale. Pas question de faire simplement du greenwashing. Nous allons innover, tester des nouveautés", promet François Van Aal.
Certaines maisons de champagne ont déjà modifié leurs pratiques. "Nous avons arrêté les herbicides dès 2015 et enherbé à nouveau nos 180 hectares de vignes. On teste des principes issus de la permaculture, tel que le paillage pour protéger le sol", témoigne Charles-Armand de Belenet, directeur général de Bollinger.
Les techniciens ont été les premiers à témoigner du dérèglement du climat et de ses conséquences. "Depuis vingt ans, sous l'effet du réchauffement, les dates des vendanges ont avancé de deux semaines. Le débourrement est devenu plus précoce. La floraison de la vigne intervient plus tôt", constate Hervé Dantan, chef de caves chez Lanson.
Cette année, le Comité Champagne, organe représentatif de l'interprofession dans la filière viticole, a recensé les dégâts : les viticulteurs champenois ont perdu 30 % de leur récolte lors des périodes de gel au printemps. Ils ont encore perdu un quart de leur récolte cet été, avec le mildiou.