Immobilier : Stradim déplore le dérèglement du marché strasbourgeois
Olivier Mirguet
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Rémi Hagenbach, promoteur immobilier à Strasbourg, président de Stradim.
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Rémi Hagenbach, promoteur immobilier à Strasbourg, président de Stradim.
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Quel avenir pour un promoteur immobilier régional lié sur son territoire à des politiques locales d'aménagement ? "Le marché est extrêmement demandeur dans les métropoles", reconnaît Rémi Hagenbach, président de Stradim à Strasbourg. "L'épargne générée pendant la crise demande à être placée. Mais nous avons du mal à mettre notre offre en place. L'immobilier est trop dépendant des élus locaux, et les permis de construire difficilement obtenus sont trop souvent attaqués", regrette le promoteur. "L'écologie telle qu'est pratiquée par nos mairies ne doit pas devenir un dogme politique. En France, l'intérêt général n'a plus cours. On assiste à une explosion des populismes locaux", estime-t-il.
Né en Alsace au début des années 1990 et cotée sur Euronext, Stradim (quatre agences régionales) a franchi pour la première fois la barre symbolique de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020, avec 103,7 millions d'euros réalisés contre seulement 88,7 millions d'euros un an plus tôt. L'année dernière, l'entreprise a réalisé 75% de son activité en Alsace et en Lorraine.
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Mais, Rémi Hagenbach déplore le dérèglement du marché local à Strasbourg, induit par des dispositifs Pinel de défiscalisation qui visent pourtant à soutenir la construction de logements neufs. "La loi Pinel devrait être considérée comme un effet d'aubaine. Elle a abouti à une frénésie totale dans certains quartiers et créé des produits hors marché. L'immobilier ne doit pas se transformer en papier", juge le promoteur. Dans le faubourg strasbourgeois du Neuhof, où des logements neufs étaient proposés autour de 3.000 euros le mètre carré en 2019, un nouveau programme a atteint cette année 5.000 euros le mètre carré. Mais la fiscalité n'est pas seule responsable de cette hausse. "A Strasbourg, au cours des dix années passées, le prix moyen des logements neufs a été multiplié par 1,5. Cette hausse est due pour 75% à l'augmentation du foncier, et pour 25% à l'évolution des normes et des réglementations", a calculé Rémi Hagenbach.
Olivier Mirguet