Les batteries électriques sont-elles efficaces ? Un centre unique en France les passe au crible
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Les essais du centre sont nécessaires pour décrocher les homologations, en aval de l'industrialisation, avant la fabrication à proprement parler. « Ce marché est énorme et nous ne sommes que peu d'acteurs sur ce créneau », commente le PDG, Jérôme Bodelle.
Travaillant pour quasiment tous les constructeurs et équipementiers automobiles, le centre recherche et de développement CRITT M2A a inauguré son nouveau site d'essais pour batteries électriques, à Bruay-la Buissière (Pas-de-Calais). L'expertise se veut unique en France, voire même en Europe.
« Malgré un virage enclenché dès 2015, nous n'avons qu'un an d'avance... là où nous pensions en avoir cinq ! », concède Jerôme Bodelle, PDG du CRITT M2A. « L'accélération vers le moteur électrique a surpris tous les industriels de l'automobile, avec de nouveaux besoins en termes de moyens d'essai, de compétences mais aussi de formations ».
Le Centre de recherche, d'innovation technique et technologique en moteurs et acoustique automobile (CRITT M2A) est pourtant une référence mondiale, en matière de tests de moteurs thermiques et de vibro-accoustique. Né il y a 20 ans de la volonté des élus du territoire, soucieux de trouver des activités de substitution à la fin de l'extraction minière, le CRITT M2A a désormais résolument pris le virage de la « giga-ère » et de l'électro-mobilité.
En investissant 17 millions d'euros au total (sur un total de 50 millions d'investissement depuis sa création il y a 20 ans), la structure s'est dotée d'une nouvelle brique de compétences, autour de l'électrique et des batteries, qu'il s'agisse d'automobile, de compétition et même désormais d'aérospatial (secteur représentant 5% de son chiffre d'affaires établit à 6,5 millions d'euros).
Tester en vue d'homologuer
Le premier gros investissement, réalisé en partenariat avec l'agglomération de Béthune-Bruay, ce sont six bancs capables de tester les cellules électriques : réactions au court-circuit, surcharge, décharge en conditions thermiques extrêmes allant de -40° à +90°, etc. Ces essais sont nécessaires pour décrocher les homologations, en aval de l'industrialisation, avant la fabrication à proprement parler. « Ce marché est énorme et nous ne sommes que peu d'acteurs sur ce créneau », commente le PDG.
Un autre banc, multi-machine lui, permet de travailler sur l'optimisation de la chaîne de traction globale. L'objectif du banc est de reproduire toutes les situations de roulage et de travailler à l'optimisation de la consommation énergétique. Avec une puissance de 500kW pour chaque roue, le banc peut également mettre à l'épreuve les Formula E (l'équivalent de la Formule 1 mais en électrique).
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