Grand Paris : le plan de relance de la métropole coordonné avec celui de l'Etat

INTERVIEW. Après avoir lancé le 15 mai dernier un plan de relance de 110 millions d'euros, le président de la métropole du Grand Paris Patrick Ollier assure avoir plaidé auprès du Premier ministre pour coordonner ce dernier avec France Relance. Jean Castex en aurait accepté le principe.
César Armand
(Crédits : Sipa)

LA TRIBUNE - Où en est le déploiement de votre plan de relance de 110 millions d'euros ?
PATRICK OLLIER - Nous avons souhaité que ce plan de relance décliné en 50 actions touche plusieurs problématiques. Il intègre le retour d'expérience de la crise sanitaire avec l'adoption d'un plan métropolitain de santé, revivifie le tissu économique de proximité et accélère la transition écologique et le développement des mobilités douces avec un plan vélo métropolitain de 10 millions d'euros. De même qu'il soutient le secteur de l'habitat et de la construction avec un accompagnement des ménages. Il permet également de lutter contre la fracture numérique.
En outre, j'ai plaidé auprès du Premier ministre pour que nous puissions coordonner notre plan de relance avec celui du gouvernement à 100 milliards d'euros. Objectif : faire effet de levier. Jean Castex en a accepté le principe.

Lire aussi : Trois mois qui ont renforcé l'imbroglio institutionnel du Grand Paris


Concrètement, comment cela va-t-il se traduire ?
Nous y travaillons. Par exemple, sur les « centres-villes vivants », programme de soutien aux commerces, à l'artisanat et à la culture, nous allons nous coordonner sur les aides. De la même manière sur la transition énergétique où nous voulons faire bénéficier les habitants des aides de l'Etat en matière de rénovation. Ou encore le plan vélo métropolitain. Ce sont des idées que nous essayons de pousser.

Nous prévoyons d'autre part des dépenses en dehors du plan de relance, comme les 4 millions d'euros que nous avons débloqués pour l'AP-HP, auxquels s'ajoutent 2 millions d'euros pour les autres structures de soin de l'aire métropolitain. Mais aussi un partenariat avec la chambre régionale d'agriculture d'Ile-de-France avec qui nous montons actuellement un groupe de travail.

Enfin, nous contribuons à hauteur de 14 millions d'euros sur les 100 millions d'euros du fonds Résilience Ile-de-France & Collectivités pour les PME-TPE métropolitaines qui n'ont pas ou plus accès aux financements bancaires. C'est plus que nécessaire pour soutenir l'économie de proximité. Nous avons d'ailleurs signé le 23 septembre dernier un partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris Ile-de-France.

Les acteurs économiques s'impatientent quant à la perception de ces fonds...
J'ai apporté des fonds, mais c'est la région qui est chargée du programme. Le problème de déblocage était d'ordre juridique et touchait aux transferts de fonds publics via cette association à destination des entreprises privées. Ce problème est désormais réglé.

Plus généralement, qu'attendez-vous en matière de territorialisation du plan de relance gouvernemental ?
La territorialisation n'est rien d'autre que le rééquilibrage territorial. Il faut absolument une répartition équilibrée qui aide les départements qui en ont le plus besoin, à savoir la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Nous sommes vigilants sur ce point.

Nous allons y prendre notre part en changeant le règlement du fonds d'investissement métropolitain en distribuant nos 130 millions d'euros de subventions d'une manière équilibrée. Nous mettrons en place un système pour aider ceux qui en ont le plus besoin, avec des curseurs comme la richesse par habitant.

Une petite musique se fait entendre sur des Jeux olympiques « au rabais ». Partagez-vous ce sentiment ?
S'il devait y avoir du rabais, je serais le premier à m'y opposer, tant cela irait à l'encontre du rééquilibrage territorial. Tout ce qui a été décidé devra être engagé. La Métropole du Grand Paris construit le Centre Aquatique Olympique à côté du Stade de France à Saint-Denis. Il n'y a aucune raison pour que cela change.

Certes nous avons voté un plan d'économies de 150 millions au conseil d'administration du COJO (comité d'organisation des Jeux Olympiques) il y a quinze jours, mais cela ne concerne pas l'héritage des infrastructures et ne doit surtout pas se faire au détriment de la Seine-Saint-Denis. Il serait dommageable voire injuste que ces équipements ne soient plus construits. Ce département n'y trouverait pas son compte.

En tant que Président de la Métropole du Grand Paris, je ne pourrais pas l'accepter.

César Armand

Banque des Territoires | Partenaires

Les territoires qui se renouvellent face à la crise

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.