Décontamination des eaux usées : En 2013, Bio UV s'engage... dans la marine marchande

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Une nouvelle réglementation mondiale dont l'adoption est attendue pour 2013 obligera les armateurs à décontaminer les eaux de ballast relâchées par les bateaux de la marine marchande du monde entier au rythme de 3 à 7 milliards de tonnes par an. ©Reuters
Une nouvelle réglementation mondiale dont l'adoption est attendue pour 2013 obligera les armateurs à décontaminer les eaux de ballast relâchées par les bateaux de la marine marchande du monde entier au rythme de 3 à 7 milliards de tonnes par an. ©Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La PME investit 3,5 millions d'euros pour construire une nouvelle usine. Objectif : croquer une belle part de l'époustouflant marché de la purification des eaux de ballast de la marine marchande du monde entier. Un marché estimé à 12 milliards de dollars que vont se partager moins d'une trentaine de sociétés certifiées dont Bio UV...

Benoît Gillmann, le PDG de Bio-UV, piaffe d'impatience sur le chantier de sa nouvelle usine (4.300 m2) de Lunel (Hérault). Il sait que 2013 sera déterminante pour le développement de sa société (8 millions d'euros de CA, 47 salariés en France, 12 aux Etats-Unis), spécialisée dans le traitement des eaux usées, potables ou de piscine par les UV. Depuis trois ans, il a investi 3 millions d'euros en R&D (800 000 euros d'aides publiques dont 400 000 euros en avances remboursables) pour mettre au point Bio Sea. Ce projet, unique en France, est destiné à filtrer et à décontaminer les eaux de ballast relâchées par les bateaux de la marine marchande du monde entier au rythme de 3 à 7 milliards de tonnes par an ! Ce marché providentiel de l'équipement des 45 000 navires qui circulent sur les mers de la planète est estimé à 12 milliards d'euros.
De fait, les bateaux transportent d'un continent à l'autre, au gré des escales et des déballastages, en passagers clandestins, sept mille espèces de bactéries ou de micro animaux marins, dont quarante ont été identifiées comme particulièrement indésirables (la puce de mer, le choléra...) par l'Organisation mondiale de la santé. L'OMS avance même le chiffre de dix invasions récentes réputées dangereuses pour l'équilibre des milieux. « Nous sommes la seule entreprise française engagée dans le circuit de la certification via Veritas qui interviendra logiquement en février prochain », pointe Benoît Gillmann.
Or seulement 28 sociétés dans le monde sont certifiées pour accéder à ce marché colossal qui va mobiliser les cales sèches sur toute la planète pendant dix ans. « L'avantage que nous avons, précise-t-il, c'est que nous sommes des spécialistes justement du traitement de l'eau, depuis des années. Nous fournissons le système clef en main avec la filtration à tambour et le mécanisme UV pour détruire les micro-organismes et ainsi relâcher une eau de mer réputé sans contamination ».

Un procédé simple, efficace et sans chimie

Benoit Gillmann n'est pas très gourmand : il rêve de prendre seulement 1% de ce gâteau mondial géant (120 millions d'euros de CA potentiel) avec le traitement aux UV. Un procédé simple, efficace et sans chimie qui semble avoir aujourd'hui la faveur des armateurs qui seront soumis à une obligation de résultat dès que la directive mondiale sera adoptée. Ce qui sera le cas lorsque les pays représentant au moins 36 % du tonnage mondial transporté auront ratifié la convention internationale ad hoc et que des polices de la qualité de l'eau seront mise en place dans les ports internationaux.
« Nous sommes aujourd'hui à 29 %. Les pays battant pavillon de complaisance font de la résistance. Pour autant, l'adoption de cette directive est espérée pour le courant 2013 avec les signatures attendues de Singapour et de l'Allemagne. Les armateurs auront alors dix ans pour se mettre aux normes. Dès aujourd'hui, ils anticipent d'ailleurs la mesure en équipant les bateaux neufs pour minimiser les coûts. Ce marché-là représente déjà un potentiel de 250 millions d'euros », observe Benoît Gillmann qui prévoit à minima de doubler son CA en 2014.

 

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