Les Companions se lance dans le ponçage et la peinture robotisée pour le bâtiment

 |   |  576  mots
(Crédits : DR)
Si les machines à peindre sont assez connues dans un milieu industriel, elles sont encore absentes du milieu du BTP. Antoine Rennuit, entrepreneur nordiste, se lance à l'assaut de ce marché avec un premier robot capable de poncer et de peindre des murs intérieurs.

Incubé il y a trois ans au sein d'APUI, l'incubateur de l'école des Mines de Douai, Antoine Rennuit a pris le temps de mûrir son projet. Grâce à son expérience dans la robotisation (quatre années passées chez Microsoft, notamment sur la caméra Kinect puis chez le concurrent belge Softkinetics à Bruxelles), il a eu envie de transposer la robotique à un marché encore inexploré : le BTP, où les métiers sont encore essentiellement manuels et surtout pénibles. Le projet « Les Companions » était né.

Poncer et peindre

Antoine Rennuit avait d'abord imaginé un robot de maçonnerie, mais « la faisabilité est plus complexe pour des questions d'aléas climatiques, d'accès, de poids à porter et de protection du robot en question. Au bout de six mois de réflexion, une idée glissée par son épouse, le fait s'orienter vers la robotisation des travaux de peinture en intérieur. En France, la mise en peinture pèse 9% de l'activité, soit 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le coût de la mise en peinture comprend en général 70 à 80% de main d'oeuvre.

Pour bien comprendre les attentes de la profession, Les Companions ont patiemment écouté les professionnels via notamment la fédération de la CAPEB et rencontré les industriels et les artisans.

« Nous nous sommes rendu compte que les étapes les plus longues et fastidieuses étaient la préparation de chantier comme le ponçage : en tant que roboticiens, nous pouvions apporter une expertise pour ces gestes très répétitifs où les robots peuvent parfaitement remplir leur rôle ».

C'est pourquoi aujourd'hui le prototype propose à la fois de poncer et de peindre.

Accompagné aujourd'hui par un partenariat technologique de l'école des Mines de Douai qui met à disposition une personne à plein temps, les principaux obstacles au projet ont été levés, du côté des technologies de la vision comme de la robotique.

« La difficulté avec le bâtiment, c'est de s'adapter à chaque bâti : ça demande plus d'intelligence et un algorithme plus compliqué », explique l'entrepreneur.

Surtout Antoine Rennuit a tenu à proposer une utilisation la plus simple possible, digitale « car nous mettons ces machines dans les mains des peintres qui ne sont pas roboticiens ».

Un robot pour les TPE et les PME

Sa stratégie, c'est de cibler les entreprises de taille moyenne, souhaitant rationaliser les process.

« Les artisans souhaitent un travail très bien fait alors que les entreprises plus importantes de bâtiment se positionnent plus facilement sur des logiques de rendement, de coût et de compétitivité », souligne le créateur.

La future machine devrait épauler à terme autant les artisans que les poids lourds du BTP, notamment sur les questions de pénibilité, de productivité, de sécurité et de recrutement. Le modèle économique est basé sur le leasing, en partenariat avec des fabricants de peinture, « afin de bénéficier de leur réseau de distribution ».

Après la mise au point du prototype, Antoine Rennuit se lance aujourd'hui dans une levée de fonds de 250.000 euros. Objectif : recruter des ingénieurs pour renforcer le duo et mettre en place une équipe pérenne. Le projet a d'ores et déjà remporté le concours I-Lab, obtenu une subvention de 100.000 euros de la BPI et fait partie des entreprises accélérées au Village by CA du Crédit Agricole. Mise sur le marché prévue pour le courant de l'année prochaine.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/11/2017 à 10:43 :
Devenir un col blanc, ou mourir....
Derrière ces innovations, l'extrême droite à de beaux jours devant elle, le patronat n'aura bientôt que faire de l'immigration.

Avant, pour contenir les salaires, il y avait la compétition des petits bras,
demain, des investissements massif (merci les taux bas) et plus besoin d'autant de mains d’œuvre.
Réponse de le 16/11/2017 à 13:13 :
Malheureusement, les cols blancs ne vont pas non plus être à la fête car les systèmes experts et les automates de gestion vont remettre en cause de nombreuses professions.
C'est également vrai dans le domaine de l'informatique. Restent notamment la robotique et la maintenance des robots mais ce n'est pas donné à tout le monde d'être au top dans ces métiers et beaucoup de robots vont se réparer entre-eux. Depuis les années 70, c'est de plus en plus difficile pour les jeunes de s'intégrer au monde du travail et encore plus à chaque génération.
a écrit le 16/11/2017 à 9:50 :
En effet poncer et peindre c'est pénible, si la robotique peut-être utile c'est bel et bien au sein de professions les plus contraignantes physiquement.

Par contre ça m'étonne qu'on leur permette d’appeler ça "Companions" c'est quand même particulièrement proche des "Compagnons du tour de France" connus pour la qualité de leur travail.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :