Kedge, l'école de commerce qui refusait de donner des cours d'entrepreneuriat

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Bernard Belletante, directeur général de Kedge. (DR)
Bernard Belletante, directeur général de Kedge. (DR)
L'école de commerce Kedge, née de la fusion d'Euromed Management (Marseille) et BEM (Bordeaux) est convaincue que c'est par la pratique et l'expérience qu'on devient entrepreneur. Pour attirer les créateurs d'entreprise, elle propose des cours à la carte, un emploi du temps aménageable et une «Business nursery».

L'entrepreneuriat, ça ne s'apprend pas, ça se pratique. «Nous avons abandonné l'idée d'un cours dédié à la création d'entreprise. Le créateur d'entreprise est obsessionnel : il veut consacrer son temps à développer son projet, et à échanger avec ceux qui partagent ses préoccupations. Les étudiants qui sont attirés par un diplôme d'entrepreneuriat sont surtout des curieux qui viennent voir comment ça se passe», constate Bernard Belletante, le directeur général de Kedge, la nouvelle école de commerce née de la fusion d'Euromed Management (Marseille) et BEM (Bordeaux).

Un jeune sur deux veut entreprendre

Il constate «une hausse de l'envie d'entreprendre en France. Face à la montée du chômage, les jeunes veulent créer leur propre emploi.» En effet, alors que leurs parents aimeraient les voir devenir fonctionnaires, les jeunes Français, eux, se verraient bien monter leur boîte. Parmi les jeunes de 18 à 34 ans sondés par l'Institut Think en janvier dernier, un sur deux dit avoir envie de créer son entreprise. Un désir qui s'érode avec l'âge, selon les conclusions de ce sondage. Mais dans les faits, l'âge moyen des créateurs d'entreprises reste stable, ressortant à 38 ans en 2012. Souvent après une première expérience en entreprise, en tant que salarié.

Une «Business nursery» épaulée par Provence Business Angels

Pour permettre aux aspirants entrepreneurs de se faire la main, Kedge ne proposera donc pas de cours spécifiques, mais leur donnera la possibilité de choisir les cours qui leur sont utiles, et aménager leur agenda. «La pédagogie des grandes écoles doit laisser davantage de place à l'apprentissage par l'action», explique Bernard Belletante, qui dit s'être inspiré du modèle de cours à la carte et planning flexible développés par l'ESC Troyes. Et pour mettre en application les enseignements reçus sur leur propre projet, Kedge a mis en place une «Business nursery». Provence Business Angels valide chaque projet des candidats à l'intégration dans cette structure d'accompagnement, qui vise à préparer les futurs entrepreneurs à entrer ensuite dans un incubateur, qui les soutiendra dans leurs premiers mois d'activité. «La 'Business nursery' est une étape intermédiaire, pour passer de l'idée à la maquette en quelque sorte». Opérationnelle depuis un an sur le campus de Marseille, elle a accueilli 53 projets, «essentiellement dans le numérique, en particulier dans jeux vidéos et le e-commerce», qui ont déjà donné naissance à cinq créations d'entreprise.
Elle héberge les projets des étudiants de Kedge, mais pas uniquement : les étudiants des autres grandes écoles (ingénieurs notamment) de la région ainsi que les inscrits à l'Université d'Aix-Marseille sont également les bienvenus, sans frais d'entrée. «La diversité des parcours et des cultures créent une émulation intéressante», souligne Bernard Belletante.

5000 euros pour couvrir les frais de la jeune pousse

Chacun de ses entrepreneurs naissants reçoit un financement de 5000 euros pour couvrir les frais de fonctionnement, alloués par l'école avec le soutien de la Société Marseillaise de Crédit et le Crédit Mutuel.

Sur les deux sessions d'appels aux candidatures organisées par an, une quarantaine de dossiers sont examinés, et 10 à 25 sont sélectionnés pour rejoindre la Business nursery pendant un an. «Il y a dix ans, nous aurions reçus quatre fois moins de dossiers», estime Bernard Belletante, qui étudie personnellement chaque candidature à la Business Nursery. Et qui prévoit déjà d'ouvrir une structure similaire à Bordeaux en septembre prochain.
 

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