En Vendée, à La Chanverrie, dans le pays de Mortagne, le bailleur social Podeliha vient d’implanter 20 maisons temporaires pour accueillir des salariés en mobilité, contraints de refuser des emplois faute de pouvoir se loger. Un nouveau modèle économique pensé pour accompagner le développement économique des entreprises dans un territoire où le taux de chômage est le plus bas de France.« On pourrait recruter davantage, mais on ne peut pas les loger !», s'étaient épanchés des chefs d'entreprises vendéens à l'oreille de la ministre déléguée au Logement de l'époque, Emmanuelle Wargon, venue en septembre 2020 pour une visite ministérielle sur les terres de Montaigu (85) où le taux de chômage, le plus bas de France, est, depuis, tombé de 4,3% en 2021 à 3,4% de la population active en 2022.
Interpellés par la ministre, les élus locaux et partenaires sociaux de l'habitat s'interrogent : « C'est long, c'est compliqué, il faut des aménagements de terrains... Mais le logement des salariés, c'est quand même notre sujet. Alors, on a cherché à lister et à lever les contraintes pour faire émerger un nouveau modèle qui ne bloque pas le développement économique des entreprises », explique Gonzague Noyelle, directeur général de Podeliha. Ce bailleur social pour l'habitat, filiale d'Action Logement Immobilier, gère un parc locatif de 27.000 logements dans les cinq départements de la région des Pays de la Loire.
Un confortable T3 pour 150.000 euros
Quatorze mois plus tard, est né le concept Habiflex, à savoir, la construction hors site de 20 maisons modulaires préfabriquées de type 3 (logement de 3 pièces principales dont deux chambres et un salon), de plain-pied, à ossature bois, répondant au niveau d'exigence de performance énergétique (RE2020). Un habitat déplaçable, accessible à des salariés en mobilité avec un plafond de ressources touchant 70% à 80% des Français, et des loyers situés entre 333 euros et 376 euros (charges comprises) selon les conditions de ressources.
« La première difficulté était de trouver du foncier, c'est pourquoi on a opté pour un foncier temporaire », rappelle le dirigeant de Podeliha.