Yellopark : la concertation est lancée pour un nouveau stade à Nantes
Frédéric Thual, à Nantes

joubert yellowpark
Frédéric Thual
Frédéric Thual, à Nantes

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Frédéric Thual
Les discussions s'animent autour de la future cage des canaris... Si le célèbre stade Marcel Saupin, proche du centre-ville de Nantes a été, en son temps, conservé et transformé, l'actuel stade de la Beaujoire, situé le long du périphérique, devrait lui être totalement démoli.
C'est, en tout cas, la solution envisagée par Waldemar Kita, Président du FC Nantes et Yohann Joubert, Pdg du groupe de promotion immobilière Réalités, engagés de concert dans le projet Yellopark ; un stade redimensionné, semi-couvert, connecté, sécurisé, confortable, normalisé... chiffré à 200 millions d'euros, financés moitié en fonds propre, moitié en emprunt. Projet sportif auquel s'ajoute un volet urbain de 60 millions euros, destiné à revitaliser un quartier du nord-est de la métropole, accueillir 2.000 nouveaux logements, des commerces, un musée... et à briser la glace entre le président du FC Nantes et la présidente de la métropole, Johanna Rolland, longtemps rétive au projet.
Dans un protocole d'accord, signé en septembre dernier, la maire de Nantes, qui devrait finalement vendre 23 hectares pour élargir le site, réussissait à imposer cinq principes fondateurs : un financement 100% privé du projet, le maintien du même nombre de places, aux mêmes prix modérés, pour les groupes de supporters, la mis en valeur de l'histoire du FC Nantes, le recours à un architecte d'envergure nationale et le lancement d'une large concertation.
Les protagonistes de Yellopark ont accepté le deal et saisi la CNDP (Commission nationale du Débat Public), dont le recours n'est obligatoire que pour les investissements supérieurs à 300 millions d'euros. C'est une manière d'officialiser un dialogue déjà engagé et d'apaiser les tensions avec des acteurs locaux, des associations de supporters (Brigade Loire, A la nantaise...) et certains riverains. En tout cas, d'avancer et d'éviter des enlisements comme celui de l'aéroport Notre-Dame des Landes dont l'abandon est dans toutes les têtes.
La réhabilitation du stade actuel a été abandonnée pour plusieurs raisons : un coût élevé (chiffré entre 121 et 193 millions d'euros), quasiment autant qu'un stade neuf ; des exemples de transformations menées à Lens, Saint-Etienne et Marseille jugées peu convaincantes ; et enfin, outre les perturbations, des pertes d'exploitations annuelles estimées à 3,8 millions d'euros.
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La Métropole qui a déjà vu s'envoler un aéroport, peut-elle se permettre de perdre aussi un stade ?...
Le projet « retenu » se veut sportif, urbain, environnemental et économique ; d'une capacité de 40.000 places contre 37.500, le stade compterait 3.500 places en loges contre 1.500 aujourd'hui, et disposerait du wifi partout pour s'inscrire dans la logique de la Smartcity nantaise. Un partenariat serait en ce sens engagé avec le groupe Lacroix. Tribunes et coursives seront protégées des intempéries.
Dans quelle mesure le rapport de la CNDP pourra-t-il influencer un projet déjà largement avancé, pour lequel les architectes (les cabinets HKS et ATSP) ont été choisis ? C'est ce qui inquiète les détracteurs de Yellopark.
Une manière de couper court aux échafaudages farfelus égrenés au café du Commerce.
Durant deux mois, ils vont recueillir les avis des uns et des autres au gré de réunions publiques et d'ateliers thématiques, qui se prolongeront jusqu'au 17 avril prochain. Des commentaires pourront également être déposés sur le site internet yellopark.jenparle.net. Le rapport sera remis à la CNDP un mois plus tard. Cette dernière devrait se prononcer début juin. Dès lors, les maitres d'ouvrage pourront finaliser le projet financier et valider le pool bancaire, en cours de constitution. Le montant de l'investissement restant soumis à quelques aléas comme la découverte d'arsenic dans le sous-sol qui nécessite une opération de dépollution chiffrée entre 10 à 30 millions d'euros !
À en croire, la première réunion qui vient de se dérouler et où les maitres d'ouvrage présentaient la prémaquette du futur stade et des évolutions du quartier, les réactions et les inquiétudes ne se sont pas fait attendre craignant notamment les problèmes de circulation, de stationnement et de bruit. Plus que le stade, c'est sans doute sur le projet urbain que le dossier risque d'être plus difficile à passer. Pour faire le lien entre les espaces pavillonnaires et paysagers et la hauteur du stade, le promoteur immobilier évoque l'implantation d'immeubles de grande hauteur d'une centaine de mètres pour accueillir les 2.000 logements promis à la métropole et harmoniser l'horizon entre l'habitat et la couronne du stade.
Des constructions (logements, bureaux, espaces publiques...) qui ne démarreront, qu'en 2022, date de livraison, attendue pour le nouveau stade nantais. Pour les logements et les services, ce sera dans dix ans...
Frédéric Thual, à Nantes