Les nouvelles mobilités dans les villes zéro carbone

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Demain, de manière croissante, l'électrique devrait concerner l'ensemble des mobilités : deux-roues, bennes à ordures ménagères et flottes de véhicules.
Demain, de manière croissante, l'électrique devrait concerner l'ensemble des mobilités : deux-roues, bennes à ordures ménagères et flottes de véhicules. (Crédits : Shutterstock)
FORUM PARIS CITY LIFE. À l’heure des rapports scientifiques alarmants sur l’urgence climatique et l’impact de la pollution sur la santé, les entreprises et les villes multiplient les actions en faveur de l’environnement et de la transition écologique des mobilités. Plusieurs débats ont mis certaines de ces initiatives en lumière.

Les alertes se multiplient. En matière d'urgence climatique, d'abord : les experts du Programme des Nations Unies pour l'environnement viennent d'anéantir les espoirs restants d'atteindre l'objectif de l'Accord de Paris et de limiter le réchauffement à 1,5 % par rapport à l'ère préindustrielle. En ce qui concerne les effets de la pollution atmosphérique sur la santé, ensuite, et ce, malgré une certaine amélioration de la qualité de l'air récemment enregistrée.

« La réglementation conduit à mesurer des polluants qui ont naturellement disparu. En revanche, d'autres polluants sont apparus. Par exemple, les motorisations modernes, qu'elles soient au diesel ou à essence, conduisent à des émissions polluantes à base de nanoparticules qu'on ne mesure pas. Dire que la pollution s'améliore alors qu'on ne mesure pas les nouveaux polluants, c'est un peu se moquer du monde ! », s'inquiète le président de la Fondation du Souffle, Gilles Dixsault.

Cap sur la voiture électrique : de plus en plus de bornes de recharge

Selon ce médecin spécialiste des maladies respiratoires, le diesel n'a pas sa place dans la ville, encore moins aujourd'hui qu'hier. « En termes d'effets sur la santé, le diesel moderne est même plus dangereux que l'ancien », poursuit-il. Un polluant que des politiques volontaristes menées désormais dans les grandes villes comme Paris veulent chasser.

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La nouvelle loi d'orientation des mobilités a en outre programmé la fin de la vente des véhicules thermiques (diesel ou essence) à l'horizon 2040. Le même texte donne un coup d'accélérateur au déploiement du véhicule électrique via, entre autres, la multiplication de bornes de recharge. Une condition indispensable si l'on veut que les conducteurs potentiels, qui craignent encore de ne pas pouvoir recharger leur voiture électrique où ils veulent quand ils veulent, se tranquillisent et l'adoptent.

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Catherine Lescure, déléguée régionale Île-de-France d'EDF, se veut rassurante sur ce point. « Edf prévoit de multiplier par dix le nombre de bornes de recharge à l'horizon 2023 en France. En Île-de-France, on en exploite déjà 2.800, indique-t-elle. En outre, « les véhicules actuels ne requièrent pas une recharge très fréquente. Et enfin, les systèmes de bornes de recharge seront de plus en plus intelligents »  et permettront de mieux gérer les flux tout au long de la journée.

Demain, de manière croissante, l'électrique devrait concerner l'ensemble des mobilités : deux-roues, bennes à ordures ménagères et flottes de véhicules. Et la production d'électricité devrait être au rendez-vous : d'après une étude récente de RTE (filiale d'EDF), à l'horizon 2035, le parc de production français sera largement capable de produire la quantité d'énergie consommée par 15 millions de véhicules électriques.

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Les entreprises, levier de la transition

EDF s'est d'ailleurs engagée à verdir sa propre flotte de véhicules, qui devrait être 100 % électrique d'ici 2030. « Je suis convaincue que nous - industriels, entreprises et collectivités - devons être leaders en la matière et donner l'exemple en adaptant d'abord nos propres flottes. Cela permettra ensuite d'avoir des véhicules d'occasion qui seront plus accessibles au grand public », conclut Catherine Lescure.

Pour le monde de l'entreprise, la place de la voiture dans la ville représente en effet un changement majeur. Son utilisation en Île-de-France est en recul de 5 %, d'après une nouvelle étude réalisée par Île-de-France Mobilités. « Les entreprises, en particulier les plus grandes, ont à jouer un rôle d'exemplarité, de transformation et de levier », confirme Christian Nibourel, président de Paris Île-de-France Capitale Economique. Comment peuvent-elles accompagner leurs salariés dans cette transition ?

Pour le président de cette association de grandes entreprises, la réponse prend la forme d'un cercle vertueux : « Si on se préoccupe de la mobilité, on travaille sur la qualité de vie au travail et donc sur la performance de l'entreprise », dit-il. Ainsi, le télétravail a un impact sur le transport qui a un impact sur la pollution qui a un impact sur la santé au travail... Même approche à 360 degrés pour encourager l'utilisation des véhicules électriques : « En mettant à disposition des voitures électriques, on envoie un signal aux collaborateurs sur la RSE et l'attractivité de l'entreprise », souligne Christian Nibourel. « Il faut que les discours soient cohérents et déterminés », résume-t-il - même si les solutions ne sont pas parfaites...

Le transport aérien accélère ses efforts

Autre mobilité en question : le secteur aérien, pointé du doigt en tant que pollueur, notamment, ces derniers temps, par certains mouvements de jeunes. Peut-on trouver des solutions ? Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde, en est convaincu. « Si je pensais que voyager en avion et travailler dans le secteur du voyage n'était pas compatible avec les objectifs fixés pour que la planète ne se réchauffe pas trop, je renoncerais à mon métier ! », s'exclame celui qui se revendique écologiste engagé.

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La voie vers la neutralité carbone, pour lui, passe par trois chemins. Celui de l'efficacité énergétique, d'abord.

« Aujourd'hui, on est capable de faire voler 30 % d'avions de plus qu'il y a quinze ans, pour 30 % de moins de carbone émis. »

Deuxième levier, en finançant la transition vers l'avion électrique sur des distances courtes et l'avion à hydrogène pour des distances longues. Une transformation qui n'est toutefois pas réalisable sur les 30 prochaines années...

Et surtout, le voyagiste mise sur « l'absorption » du carbone. « Nous plantons 1,5 million d'arbres par an pour 300.000 tonnes de carbone émises, affirme Jean-François Rial. Pour rendre l'industrie aérienne carbone neutre, il suffirait de planter 5 milliards d'arbres par an ». Le secteur aérien, en pleine croissance, a en tout cas pris des engagements forts : moins de 50 % d'émissions de CO2 d'ici à 2050. « On doit tous être en carbone neutre dans 30 ans », insiste le voyagiste.

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Les villes, ambassadrices du changement

Plus généralement, pour accélérer la transition écologique, la question se pose de savoir jusqu'à quel point il faut radicaliser les changements.

« Pour résoudre un problème, il faut commencer par admettre qu'on fait partie du problème. Les villes en font partie et, peuvent, à ce titre, être ambassadrices du changement. Nombre de villes à travers le monde travaillent ensemble pour inventer de nouvelles solutions », rappelle pour sa part Pierfrancesco Maran, adjoint au maire de Milan en charge de l'urbanisme, des espaces verts et de l'agriculture.

La métropole économique du nord de l'Italie veut devenir intelligente, verte et inclusive grâce à un réaménagement qui accorde une large place au numérique, aux espaces verts et aux pistes cyclables. Pour l'élu de cette ville membre de l'alliance C40, le défi environnemental est d'ailleurs étroitement lié à celui de la justice sociale. « Nous pouvons penser à de nouvelles solutions pour créer de nouveaux modèles économiques. Il ne s'agit pas de décroissance, il s'agit de croître autrement », résume-t-il. Reste à convaincre la jeunesse engagée en faveur de l'environnement...

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Commentaires
a écrit le 17/01/2020 à 8:41 :
"Cap sur la voiture électrique : de plus en plus de bornes de recharge"

Certainement la pire des innovations écologique et donc forcément celle que vous mettez en avant... -_-

IL vaut mieux rouler en 205 diesel de 1989 qui a 300000 kilomètres qu'en voiture électrique qui en a 3000 !

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