Alors que les exportations britanniques vers l'UE de produits alimentaires ont dégringolé de plus de 75% en janvier, le Brexit touche les plus grands, comme les PME du territoire. Référence française dans l'univers de la pâte de fruits depuis 1880, la confiserie clermontoise Cruzilles constate elle aussi les conséquences de la sortie du Royaume-Uni sur ses ventes. Et envisage une stratégie qualifiée de "défensive" pour l'année à venir.
Pour la confiserie Cruzilles, l'année 2020 aura marqué un tournant avec un investissement de plus de 1,4 millions d'euros dans l'augmentation de capacité de confisage ainsi que la poursuite d'un programme de création d'emplois, malgré le contexte défavorable lié à la pandémie de Covid-19.
"La crise sanitaire a cependant eu un impact sur les marchés de détail et contrairement à d'autres secteurs, nous n'avons pas compensé avec la grande distribution. L'objectif de 2021, c'est donc de faire mieux qu'en 2020, en espérant minimiser les conséquences du Covid sur notre activité", indique Stéphane Guilbert, son directeur général.
L'usine produit près de 1.000 tonnes/an de fruits confits et de pâtes de fruits à parts égales. "Nous travaillons toute l'année, avec un pic d'activité l'hiver. 60 % de notre chiffre d'affaires se fait les quatre derniers mois de l'année." En période creuse, l'entreprise fait travailler 50 personnes, mais multiplie en effet par deux ses effectifs en hiver. "Nous atteignons environ 10 millions d'euros de chiffre d'affaires par an sur une année classique", glisse Stéphane Guilbert.
Et grâce en partie à la stratégie déployée par son ancien dg, Roland Gibert, qui avait développé les ventes de la confiserie en France et à l'étranger, Cruzilles exporte habituellement dans une cinquantaine de pays.
L'Angleterre compte pour un quart de ces exportations, viennent ensuite par ordre d'importance l'Allemagne, les Emirats, les USA, le Japon...
"Le Brexit nous impacte. Aujourd'hui, ça complexifie les relations commerciales et les ventes au niveau administratif. Par conséquent, nous sommes moins réactifs qu'avant",regrette le nouveau directeur. Résultat : en 2020, son chiffre d'affaires à l'export a accusé une chute de 25%.
De nouveaux réflexes et une massification des ventes
Car le retour des frontières entre l'UE et le Royaume-Uni remet en cause un certain nombre de réflexes.
"Pour nous, l'Angleterre c'était aussi facile que d'envoyer un camion à Paris. Il faut tout réorganiser et ça remet en cause des habitudes que nous avions bien installées. Aujourd'hui, un camion ne part plus le lendemain de la commande pour l'Angleterre."
Autre conséquence du Brexit sur les exportations du confiseur, l'entreprise a dû recentrer sa stratégie pour décrocher des commandes plus importantes. "Nous devons massifier les commandes, ce qui a une conséquence directe sur les petits clients. Si pour une commande de 100 ou 200 euros, on doit engager une heure de démarches administratives, les clients vont chercher s'il n'y a pas de produit plus simple à acheter, à proximité", anticipe Stéphane Guilbert.
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