Ils ont perdu entre 50 et 60% de leur production cette année. Les apiculteurs savoyards et haut-savoyards - à l'image de nombre de leurs homologues des autres départements - dressent un bilan très sombre de cette saison 2024. « On a bénéficié de conditions assez pluvieuses et froides ce printemps, explique Anthony Mercier, président du syndicat des apiculteurs professionnels des deux Savoie (le GAPS). Or, le printemps est primordial pour le développement des colonies ».
En effet, c'est à cette période de l'année que les abeilles se réveillent et commencent à butiner les fleurs. « Quand il pleut trop, de manière intense et rapprochée, la prise de poids des ruchers ne se fait pas et leurs réserves sont affaiblies ». Résultat : les apiculteurs, en plus de ne pas pouvoir récolter, ont dû financer de la nourriture pour leurs abeilles. « C'est une situation extrêmement rare que nous n'avons constatée que trois fois ces dernières décennies : en 2019, en 2021 et cette année », déplore Anthony Mercier, qui relie les difficultés actuelles aux conséquences du changement climatique.
Quand tout va bien, dans les deux Savoie, les récoltes de miel ont lieu à deux périodes de l'année : en avril/mai, avec les premières fleurs de printemps, puis, lors de la « grande miellée », entre le 15 juin et le 15 juillet. « On joue notre chiffre d'affaires sur sept semaines, ce n'est pas en août qu'on fait du miel », résume le président du GAPS. Et cette année, pendant la grande miellée aussi, les conditions météorologiques ont été compliquées.