La décision a été mise en délibéré sous 15 jours. Il faudra donc attendre encore un peu pour savoir si le tribunal administratif de Clermont-Ferrand suit l'avis du rapporteur public : lors d'une audience qui s'est tenue ce vendredi matin, ce dernier s'est prononcé pour un rejet sur le fond de la requête d'un pisciculteur qui accuse l'Etat de lui avoir porté préjudice en accordant des prélèvements d'eau « excessifs » à la Société des Eaux de Volvic (SEV), propriété du groupe Danone.
La justice doit trancher dans cette affaire ultrasensible qui traite de la gestion et du partage de l'eau dans un contexte de réchauffement climatique. Pour Édouard de Féligonde, propriétaire d'une pisciculture classée monument historique à Malauzat, près de Volvic, pas de doute : les prélèvements de Danone destinés à son usine d'embouteillage d'eau minérale Volvic ont entraîné le tarissement des sources qui alimentaient ses bassins d'élevage de poissons.
Cela l'avait contraint à stopper l'exploitation en novembre 2018, ses installations privées d'eau s'effondrant. En réparation de ce préjudice, Édouard de Féligonde, et sa soeur Marie-Aurore, réclament 32 millions d'euros à l'État.
Pour sa défense, la préfecture du Puy-de-Dôme a indiqué qu'aucune alerte sur une baisse importante de débit d'eau n'a été portée à sa connaissance et que le préjudice résulte « d'un facteur climatique ».