ENTRETIEN. Le directeur général du distributeur isérois King Jouet, également co-président de l’une des deux fédérations du jouet en France, pointe le risque d'une « vague » de jouets non normés, fabriqués en Chine, qui pourrait arriver dans les prochains mois en Europe à défaut de débouchés aux États-Unis, premier marché mondial.
Alors que les États-Unis ont imposé 145% de droits de douane à la Chine début avril, avant de revenir à 30 % début mai pour une trêve de 90 jours, le premier producteur mondial de jouets cherche des débouchés pour ses produits... dont l'Europe.
Pour Philippe Gueydon, directeur général de King Jouet et co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des Produits de l'Enfant (FCJPE), l'Etat doit veiller au niveau de protection des consommateurs. Cela, alors que la loi fast-fashion est en ce moment en débat à l'Assemblée nationale et que les deux plus grandes fédérations de commerce demandent de déréférencer les plateformes chinoises Shein et Temu des moteurs de recherche.
LA TRIBUNE - Risque de pénuries aux États-Unis, et au contraire hausse de l'offre en Europe... Quels sont, pour l'heure, les effets des droits de douane sur le secteur du jouet ?
PHILIPPE GUEYDON - À date, il n'y a pas vraiment d'effet. On ne peut pas dire que dans le secteur du jouet, début juin, il y ait eu un chamboulement en termes de disponibilité des produits ou de prix par rapport à ce qu'il se passe entre les États-Unis et le reste du monde.
Maintenant, si on se projette un peu plus loin, il peut y avoir des conséquences. D'un côté, nous envisageons un effet « stop & go » : les fabricants nous disent avoir réduit leurs embarquements d'Asie vers les États-Unis ces derniers mois et qu'à l'inverse, il faudra bien rattraper ça, au détriment des livraisons en Europe.
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En ce moment, serions-nous plutôt dans une période de « go » des jouets fabriqués en Asie vers l'Europe ?
Les livraisons aujourd'hui se passent tout à fait normalement, car les fabricants du sud-est de l'Asie, qui représentent à peu près les deux-tiers de la production mondiale, ont plutôt freiné les livraisons vers les États-Unis. En revanche, à un moment, il faudra rééquilibrer la situation pour Noël.
Les États-Unis sont le premier marché mondial, pour environ un-tiers du total des ventes dans le monde.