King Jouet a jugé trop risqué de revoir à la hausse son offre de reprise de la Grande Récré, enseigne emportée par les difficultés de la galaxie de l’homme d’affaires Michel Ohayon. Le groupe isérois, leader français des spécialistes du jouet, s’est donc retirée de la course, laissant ainsi le champ libre à JouéClub dont l’offre vient d’être validée par le Tribunal de commerce de Paris. Un renoncement de raison, selon le dirigeant de King Jouet qui compte bien, malgré tout, poursuivre sur le chemin du...La décision du Tribunal de Commerce de Paris est tombée ce vendredi 9 juin. L'enseigne bordelaise JouéClub a été désignée pour reprendre la quasi-totalité des salariés (750 personnes) et des magasins de la Grande Récré (89 établissements intégrés sur 101 et l'ensemble des 48 franchisés), placée en liquidation judiciaire dans la droite ligne d'autres entreprises de la galaxie de l'homme d'affaires Michel Ohayon.
Coût de l'opération : 50 millions d'euros, selon JouéClub. Un budget sur lequel n'a finalement pas souhaité s'aligner son concurrent, l'Isérois King Jouet (330 magasins, 2.500 salariés, chiffre d'affaires intégrant les affiliés : 600 millions d'euros TTC). Après une première offre déposée fin avril au Tribunal de Commerce et proposant la reprise de la moitié environ des magasins, King Jouet a réfléchi à une hausse de sa proposition afin de devancer JouéClub. Une alliance avec ce dernier a même été envisagée par King Jouet. Finalement, c'est pour un retrait pur et simple de la course que l'enseigne iséroise a opté mi-mai, juste avant la clôture des offres définitives.
« Une bonne nouvelle pour la profession »
« Nous nous étions positionnés car nous considérions que nous pouvions compléter notre parc de magasins avec des établissements de la Grande Récré disposant d'emplacements intéressants. Et puis, nous avions déjà réussi une reprise, celle de Maxi Toys en 2020. Mais nous n'avons pas jugé raisonnable de rehausser notre offre au niveau de celle de JouéClub », précise Philippe Gueydon, le dirigeant de l'entreprise familiale détenue à 49% par la famille Gueydon, fondatrice de l'enseigne. King Jouet affiche certes une dette moyenne annuelle nulle mais doit faire face, comme ses confrères, à un compte de résultat « sous contrainte » avec une hausse moyenne de ses charges de 8%.
« Nous sommes évidemment déçus de ne pas avoir pu mener jusqu'au bout le projet que nous portions mais le principal reste bien que la Grande Récré ait trouvé un repreneur. C'est une bonne nouvelle pour l'ensemble de la profession ».
Stéphanie Gallo Triouleyre