Avec 3 gigawatts de production hydroélectrique installés sur le Rhône, la Compagnie nationale du Rhône (CNR), chargée à la fois de l'aménagement du territoire rhodanien et de la production d'électricité effectuée sur son territoire, s'est retrouvée aux avants-postes cet été pour observer les impacts de la sécheresse sur le débit du 3e plus grand fleuve français.
"Nous avons observé depuis le début du printemps un gros déficit de pluviométrie, qui a démarré en avril avec un niveau 12 % en dessous des moyennes habituellement constatées, suivi d'un mois de mai, normalement plus pluvieux, au déficit beaucoup plus prononcé (-61%), et d'un mois de juin qui avait finalement renoué avec les moyennes. Mais à compter de juillet, nous avons enregistré une chute de pluviométrie de -79%, suivie de -10% en août", détaille Pierre-Jean Grangette, directeur de la valorisation de l'énergie de CNR.
Si bien qu'avec de tels chiffres, la production hydroélectrique du Rhône a elle aussi chuté, alors même que l'Hexagone fait face, depuis plusieurs mois, à une importante volatilité sur le marché des prix de l'énergie.
Un fort recul qui nécessite cependant d'être nuancé, selon Pierre-Jean Grangette, par le caractère cyclique de la production hydroélectrique, qui peut varier de - 30% pour les années les plus basses, à + 25% pour les années les plus hautes.
En effet, sur la moyenne des 15 dernières années, la production hydroélectrique de la CNR sur le Rhône avait déjà connu deux saisons basses, en 2017 et plus particulièrement en 2011.