Il n'utilisait pas d'électricité nucléaire, puisque positionné sur de l'énergie 100% verte, mais Albert Codinach, fondateur et Ceo du fournisseur lyonnais d'électricité Planète Oui, valide la mesure récente de l'Etat pour le relèvement de l'ARENH, c'est-à-dire l'augmentation du volume d'électricité nucléaire qu'EDF devra céder à prix coutant aux fournisseurs alternatifs pour les soutenir, dans un contexte d'explosion des prix de marché de l'électricité.
Une demande étatique qui a réuni, depuis quelques jours, direction, syndicats et actionnaires minoritaires d'EDF, vent debout contre ce qu'ils considèrent comme une spoliation de l'entreprise.
"Beaucoup de fournisseurs alternatifs sont en difficulté. Certains ont déjà stoppé leur activité. C'est une bonne mesure, mais pour nous il est de toute façon trop tard", soupire le CEO de Planète Oui. Au Royaume-Uni, les fournisseurs alternatifs tombent les uns après les autres. En France, Leclerc avait déjà stoppé son offre énergie il y a quelques mois, et d'autres fournisseurs, comme Hydroption, ont mis la clé sous la porte.
Créée en 2007 à Lille et installée depuis quelques années à Lyon, Oui Energy (qui commercialise ses offres sous la marque Planète Oui) a été placée en redressement judiciaire il y a 15 jours. L'entreprise était pourtant en plein développement, avec le cap des 125.000 clients particuliers dépassé en 2021 et celui des 250.000 annoncé pour fin 2022. L'entreprise avait réalisé 60 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020, 100 millions en 2021 et visait le seuil des 200 millions d'ici 4 ans, avec 500.000 clients.
Classée premier fournisseur du guide Greenpeace 2019 de l'électricité verte, Planète Oui se voit donc brisée nette dans son envol par l'envol du cours de l'électricité.