Une croissance de +62% de son chiffre d'affaires (à 17 millions d'euros), et un carnet de commandes déjà sécurisé de 60 millions d'euros d'ici 2026... L'accélération du marché de l'hydrogène était déjà palpable cette année pour le fabricant de stations de recharge HRS. Entré en Bourse en février 2021, l'isérois se trouve également en pleine montée en charge de son industrialisation, avec la livraison d'une nouvelle usine de 14.300 m2 à Champagnier (Isère) attendue courant 2023, et qui lui permettra de tripler ses capacités pour atteindre 180 stations produites par année.Un an et demi après son entrée en Bourse explosive qui lui avait permis de récolter 97,3 millions d'euros, le tuyauteur industriel reconverti en fabricant de stations hydrogène HRS poursuit son changement de dimension. Après avoir enregistré un chiffre d'affaires de 10,5 millions d'euros sur l'exercice 2020/2021, l'isérois signe une nouvelle croissance de +62% (à 17 millions d'euros) lors de son nouvel exercice 2021-2022.
Des résultats qui comprennent un Ebidta légèrement positif (à 0,4 millions d'euros) dans un contexte de forts investissements pour la croissance, ainsi qu'une marge brute qui passe de 38,3% a 41,3% sur les stations de recharge, avec une trésorerie désormais établie à 34,7 millions d'euros.
Désormais, la part destinée à la fourniture de stations hydrogène a largement pris le pas sur son activité historique de tuyauterie industrielle, qui ne représente plus que 2 millions d'euros de revenus. Côté croissance également, le montant du chiffre d'affaires réalisé sur le segment des stations porte même la croissance à +82% par rapport à l'exercice précédent.
Et sur ce point, l'envolée ne devrait pas s'arrêter tout de suite : d'un carnet de commandes affiché l'an dernier à 43,1 millions d'euros en prévision des cinq prochaines années, le montant des commandes engagées atteint désormais les 60 millions d'euros sur la même période. Un chiffre auquel pourrait encore se rajouter l'ensemble des dossiers où HRS serait actuellement "short-listé", pour atteindre une enveloppe potentielle de 105 millions d'euros d'ici à 2026, et plus largement 750 millions d'euros si on l'élargit au "pipeline commercial en prospection", souligne le fabricant.
Des résultats qui témoignent de la forte accélération rencontrée par le marché de l'hydrogène, une filière dont le développement reste encore majoritairement tiré par les grands plans d'investissements gouvernementaux annoncés en France comme en Europe. Car ce sont désormais 5,3 milliards d'aides qui sont débloqués, à travers un IPCEII européen Hy2Tech pour la filière, afin de soutenir 41 projets portés par 35 entreprises. Avec du côté des déclinaisons nationales, des plans portés par exemple par l'Espagne pour développer 150 stations de recharge hydrogène, contre 40 pour l'Italie, ou encore 10 pour la France au cours des prochaines années.