Deux ans après la livraison de son nouveau siège social à Eybens (Isère), sur l'ancien site du groupe HP, c'est une nouvelle étape que vient de parachever la cleantech iséroise Waga Energy, créée en 2015 par trois anciens ingénieurs du groupe Air liquide.
Spécialisée dans la conception, l'installation, le développement commercial et l'exploitation de centrales de production de biométhane (permettant de recycler les gaz produits par la décomposition des déchets au sein des décharges), l'entreprise vient de livrer un nouvel atelier de production internalisé pour « dégoulotter » une étape clé de sa production.
Car si Waga Energy se targue, depuis ses origines, d'être une entreprise « fabless » qui travaille avec un réseau de partenaires pour concevoir les technologies de ses conteneurs brevetés (Wagabox), l'un d'entre eux, la société de chaudronnerie iséroise Ravanat (40 salariés), se trouvait à l'étroit pour la seconde fois de son histoire.
Et ce, alors que le plan de match de la cleantech reste ambitieux : après avoir livré ses 31 premières unités de traitement du biométhane à travers le monde, il lui reste encore 19 unités à produire d'ici les 12 à 24 prochains mois au sein de son carnet de commandes.
Depuis ses débuts, Waga Energy a en effet dans son viseur les quelque 20 000 décharges en activité à l'échelle mondiale (dont près de 200 en France), afin de valoriser les gaz issus de la fermentation des déchets pour les réinjecter dans les réseaux de gaz naturel, au lieu qu'ils ne finissent brûlés en torchère, notamment. Ses débouchés commerciaux ont été accrus par la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, repositionnant ainsi sur le devant de la scène les enjeux de souveraineté des approvisionnements européens en matière de gaz naturel.