C'est peut être le début d'une nouvelle phase de concentration bancaire qui s'annonce.
Amorcé entre les deux vagues de Covid-19 en septembre dernier, la perspective d'un plan de réorganisation des réseaux bancaires de la Société Générale et du groupe Crédit du Nord se précise ce matin. A l'issue de la tenue de leurs deux conseils d'administration respectifs, les deux groupes ont entériné ce week-end le projet de fusion de leurs deux marques, rejetant ainsi d'autres options à l'étude comme le statut quo, ou encore, la création d'une nouvelle marque.
Avec, comme justification à cette décision, plusieurs facteurs économiques et juridiques énoncés : à commencer par la volonté de réduire les coûts et de réaliser des économies d'échelle pour faire face à un environnement défavorable, marqué par des taux de marché bas, une concurrence renforcée, mais également des contraintes réglementaires et des investissements en informatique élevés. Les deux réseaux ne s'en cachent d'ailleurs pas : la crise du Covid se serait révélée comme un « accélérateur ».
« Jusqu'à présent, il était vrai que les banques nationales avaient la puissance, mais pas nécessairement la proximité, tandis que les banques de proximité avaient cela, mais pas forcément la puissance souhaitée. C'était l'occasion qu'une banque commerciale puisse offrir un mix des deux », souligne Philippe Delacarte, président du directoire de la Banque Rhône Alpes.
« Ce rapprochement va nous permettre d'avoir un impact plus fort sur le territoire et d'être plus robuste demain, dans une logique de densification du maillage puisque nous serons présents, sans quitter de territoire, à travers des agences renforcées et des équipes où l'on pourra réinjecter différentes compétences », exprime à son tour à la Tribune AURA Karim Idrissi, délégué régional de la Société Générale.