LA TRIBUNE - Vous venez de participer au congrès de l'Union sur l'habitat (USH). Des signaux de reprise timides se dessinent sur le terrain de l'immobilier : les constatez-vous également ?
ERIC LOMBARD - Au cours de ces trois jours de congrès, l'ambiance était plutôt positive, car la période d'inflation se termine et il y a des perspectives de continuation de la baisse des taux. On voit également que le marché immobilier a touché le fond et commence à repartir un peu, selon les statistiques de la Banque de France. Pour le dire avec la neutralité politique qui est la mienne, le fait que le secteur ait un ministre du logement de plein exercice et qui connaisse bien le secteur a été bien perçu par les acteurs de l'immobilier.
La crise immobilière que connaît l'Hexagone depuis près de deux ans, se répercute sur le logement social. Quel bilan dressez-vous des prêts aux bailleurs, aux collectivités et des investissements directs dans le logement social pour cette année ?
Le bilan en termes de financement est très bon puisqu'avec la Banque des Territoires, nous avons battu notre record de prêts sur les fonds d'épargne avec, à date, 14,5 milliards d'euros de prêts octroyés pour le logement social [plus que les 13 milliards d'euros représentant la totalité des prêts octroyés en 2023, ndlr]. Cela a notamment été permis par la décision du ministre des Finances de l'époque, Bruno Le Maire, de plafonner le taux du livret A à 3%, rendant ainsi l'offre de prêts très attractive.
Mais la mauvaise nouvelle reste qu'avec cette somme plus élevée, nous avons dû lancer de l'ordre de 75.000 logements depuis le début de l'année, contre 84.000 en 2023, car les coûts du foncier et de la construction ont augmenté. Résultat, avec un montant de financement supérieur, on construit moins de logements.
Par ailleurs, une bonne partie des financements sert également à financer la rénovation thermique des logements. Nous envisageons 95.000 rénovations de logements sur l'année. Finalement, la charge d'investissement pour les organismes de logement social est plus lourde, car il faut, à la fois, construire plus de logements sociaux qu'avant, et nous n'y sommes pas, et réaliser plus de rénovation thermique.