En Auvergne Rhône-Alpes, la chaussette de mode devient un levier de relocalisation industrielle
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La chaussette de mode se prête particulièrement bien aux ambitions des nouveaux entrepreneurs souhaitant produire en France. Car si le made in France coûte plus cher qu'un article fabriqué dans un pays low-cost, la différence de prix pour les...
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En Auvergne Rhône-Alpes, la chaussette de mode devient un levier de relocalisation industrielle
Auvergne-Rhône-Alpes n'est pas la capitale de la chaussette. Et pourtant, dans la région, les projets de production de chaussettes "made in France" se multiplient. Ils sont souvent portés par de jeunes entrepreneurs désireux de faire du business, en réduisant leur empreinte carbone et en favorisant l'emploi local. C'est le cas par exemple du Coton Vert à Lyon, de Marchillsocks à Roanne, ou encore de BV Sport à Saint-Etienne.
"Dans le textile, le Made in France est une tendance forte qu'on constate depuis plusieurs années, après avoir connu un mouvement inverse il y a quelques décennies. Cette tendance s'est accélérée avec le Covid-19, c'est certain. Les grandes marques relocalisent et de nouveaux acteurs, startups et créateurs, émergent sur ce créneau", note avec satisfaction Pierric Chalvin, délégué général d'Unitex.
Et dans cette tendance globale de relocalisation de la mode, il y a un article qui semble susciter tout particulièrement les vocations : la chaussette !
Y compris en Auvergne Rhône-Alpes, région textilienne évidemment (notamment le Rhône et la Loire) mais dont la chaussette n'est pas la spécialité (exceptée la chaussette de contention médicale, dont l'épicentre français est à Saint-Etienne avec Thuasne, Gibaud et Sigvaris).
"La chaussette de mode se prête particulièrement bien aux ambitions des nouveaux entrepreneurs souhaitant produire en France. Pourquoi ? Le made in France coûte plus cher qu'un article fabriqué dans un pays low-cost, mais la différence de prix pour le consommateur est plus acceptable pour un produit peu onéreux, comme la chaussette que pour des plus grosses pièces".
Coton Vert entame son processus de relocalisation
C'est exactement sur ce pari que vient de s'engager le Lyonnais Benjamin Lenoir avec sa petite entreprise "Le Coton Vert" créée en 2018 à Rennes puis déménagée à Lyon.
Positionnée sur les vêtements "bio et solidaires", elle disposait d'une première gamme de T-Shirts, sweats et joggings. Des vêtements en coton bio et solidaires donc, mais pas fabriqués en France.
"Nous travaillons avec l'Inde notamment dans des usines certifiées GOTS (certification bio et conditions de travail décentes) ou avec le Bengladesh, j'ai fait ce choix pour pouvoir vendre mes vêtements à un prix accessible. Puis petit à petit, j'ai relocalisé en Europe certains produits. Aujourd'hui, toute la finition (étiquettes et broderies) est réalisée à Saint-Etienne par la TPE Pique et Pick".
Depuis quelques semaines, l'entreprise lyonnaise (CA 2020 : 95.000 euros ; CA 2021 : 125.000 euros), a franchi un nouveau cap dans la relocalisation en lançant ses chaussettes fabriquées en France, toujours en coton bio (matière première cultivée en Turquie).
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