Le champignon, symbole de relocalisation en Haute-Loire pour le Breton Legulice
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Depuis quelques semaines, Legulice a remplacé ses barquettes plastiques par des barquettes en carton, devançant l'échéance légale fixée à janvier 2022.
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Le champignon, symbole de relocalisation en Haute-Loire pour le Breton Legulice
Ce n'est pas une annonce qui découle du plan France Relance, mais bien le fruit d'une initiative d'un producteur, décidé à relocaliser en faveur de la souveraineté alimentaire. En pleine crise, le breton Legulice construit actuellement en Haute-Loire une champignonnière capable de produire près de 5.000 tonnes par an. Avec un double objectif : alimenter le marché du Sud-Est de la France, et relocaliser en France la production de champignons frais, dans un secteur dont 70% de la consommation française est importée.
Les Français consomment environ 2,6 kilos de champignons frais par an et par foyer. C'est peu. Très peu même au regard de nos voisins, l'Angleterre par exemple, qui en mangent quatre fois plus. Et pourtant, 70% de cette consommation française est importée depuis l'étranger (Pologne, Irlande, Pays-Bas...).
"Une absurdité pour un produit frais qui peut parfaitement être cultivé en France", tacle Benoit Roze, dirigeant de Legulice, une entreprise familiale bretonne qui commercialise des champignons frais depuis sa création en 2009.
"Nous avons essayé de travailler avec des producteurs français mais la production locale étant très faible, nous n'avons pas pu aller très loin dans cette direction. Nous avons donc décidé de produire nous-mêmes pour recourir de moins en moins à nos sous-traitants à l'étranger", raconte le dirigeant.
En 2014, émerge ainsi la première champignonnière de Legulice, à Poilley, en Ille-et-Vilaine. En 6 mois, l'entreprise fait un bond de 4 à 150 salariés. Un site sur lequel elle a encore investi 1,5 million d'euros en 2020 pour étendre ses capacités de production de 20% (5.000 tonnes).
Et en 2020 non plus, les champignons ne connaissent pas la crise : Legulice passe désormais à la vitesse supérieure en investissant 25 millions d'euros dans la création de deux nouvelles champignonnières, 100% bio.
Nouvelle plateforme pour le Sud-Est de la France
Les travaux de la première, en Mayenne non loin de l'implantation historique de Legulice, ont déjà démarré. Le site devrait être opérationnel à l'été prochain.
Ceux pour la seconde, à Chaspuzac en Haute-Loire, ont commencé début février, pour une livraison début 2022. Dans les mois qui suivront, 150 personnes seront recrutées sur place, afin de faire fonctionner cet équipement à étages (12.000m² au sol) : cueillette, conditionnement, expéditions etc.
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Le bâtiment est construit par la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay et sera fourni, en blanc, à l'entreprise. Celle-ci pourra alors en jouir, sous forme d'un crédit-bail de 12 ans. L'entreprise disposait déjà sur place, depuis 2020, d'une petite plateforme logistique avec quatre salariés en charge de la préparation des commandes.