Défense : dans la région de Saint-Etienne, NBC-Sys (Nexter) profite du réarmement de la France
La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes
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A Saint-Chamond, à l'est de Saint-Etienne dans la Loire, le réarmement de la France fait des heureux. NBC-Sys, une société du groupe Nexter qui fournit l'armée française et une dizaine d'autres pays en masques et cartouches, voit son chiffre d'affaires décoller et les emplois augmenter.
Une performance qui n'est pas liée à des commandes supplémentaires avec la guerre en Ukraine, précise Jean-Marie Mathelin, mais de « la hausse de la menace NRBC (Nucléaire Radiologique Bactériologique et Chimique) depuis plusieurs années et une prise de conscience des armées qu'il fallait renouveler le stock ».
Pour répondre à cette croissance, NBC-Sys a mis en service l'an dernier une ligne de production automatisée de cartouches. Masques et cartouches sont entièrement assemblés au sein de la société à partir de composants français, « ce qui nous assure une totale souveraineté », se réjouit le patron de NBC-Sys, ajoutant « qu'en cas de crise, c'est l'armée française qui sera servie en priorité ». Par ailleurs, l'entreprise va ouvrir début avril à Saint-Etienne une deuxième unité de production sur le site de l'ancienne manufacture d'armes de Saint-Étienne.
Un symbole qui fait rêver la région de Saint-Etienne, qualifiée d'« Armeville » à l'époque où elle était considérée comme la capitale de l'armement français. Un statut qu'elle rêve de reconquérir grâce à l'actuelle accélération des commandes militaires, alors d « autres projets industriels du secteur de l'armement sont en gestation sur la métropole stéphanoise », indique à l'AFP Hervé Reynaud, le maire LR de Saint-Chamond.
Dans le quartier Novaciéries de Saint-Chamond justement, où est basé NBC-Sys, quelques hautes cheminées de brique rouge témoignent encore de ce passé industriel marqué par la fabrication des premiers blindés français, appelés les Saint-Chamond, pendant la Première Guerre mondiale. Plus tard, c'est d'ici également que sortiront les VAB (véhicules de l'avant-blindé) utilisés pour le transport de troupes sur de nombreux théâtre d'opérations extérieurs de l'armée française. Aujourd'hui, l'entreprise met au point, dans un laboratoire d'essai entièrement refait, les nouveaux masques à gaz qui entreront d'ici à la fin de l'année en qualification pour équiper l'armée française. Les premières livraisons sont attendues dans trois ou quatre ans.
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Alors qu'Emmanuel Macron a souhaité en juin passer à une « économie de guerre », c'est-à-dire permettre à l'industrie de défense de monter en puissance face au spectre de conflits majeurs, mis en lumière par la guerre en Ukraine, l'objectif est de « produire du matériel de qualité, en quantité et plus rapidement », résume-t-on au ministère des Armées. De quoi faire oublier le cortège de suppressions d'emplois qui avaient frappé le secteur de l'armement à partir des années 1990, notamment marquées par l'arrêt de la fabrication des armes de guerre de petit calibre.
(Avec AFP)
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