« Sans missile ou sans torpille, un bâtiment ou un aéronef perd sa fonction essentielle. Un Rafale n'est plus un avion de chasse, une frégate n'est plus un bâtiment de guerre et un sous-marin ne fait plus peser de menace ». Cette citation des députés Vincent Bru (LR, Pyrénées-Atlantiques) et Julien Rancoule (RN, Aude), co-auteurs du rapport de la mission flash sur les stocks de munitions, peut prêter à sourire. Toutefois, les armées françaises ont pendant trois décennies tellement souffert des coupes claires imposées dans leurs budgets qu'elles les ont obligées à faire des choix effroyablement difficiles. Et souvent les munitions sont devenues l'une des variables d'ajustement budgétaire pour préserver un modèle d'armée certes complet mais très échantillonnaire, pour ne pas dire à l'os.
C'est dans le cadre de ce rapport, dont La Tribune a obtenu une version préliminaire et qui sera présenté ce mercredi, qu'ils formulent dix propositions permettant aux armées françaises de faire face au retour de la haute intensité et aux nouvelles formes de conflictualité. Pour autant, « le ministère des Armées considère que les stocks existants sont suffisants pour répondre aux missions habituelles et à la situation opérationnelle de référence - qui correspond à la tenue des postures permanentes et à l'engagement dans la durée et simultanément sur trois théâtres d'opérations », écrivent les deux députés.