L'économie auralpine entame une année à double tranchant : alors que son PIB dépasse, pour la première fois, le seuil des 300 milliards d'euros, la croissance de son industrie manufacturière s'est en réalité contractée en 2024. État des lieux.Pour la première fois cette année, le PIB de la région Auvergne Rhône-Alpes a atteint le cap symbolique des 300 milliards d'euros, demeurant toujours au deuxième rang à l'échelle de l'Hexagone, derrière l'Île-de-France. Mais au cœur de celle qui se positionne encore comme « la première région industrielle de France », selon les derniers chiffres publiés par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) régionale, les indicateurs sont en réalité plus contrastés.
Car si la part de l'industrie au sein de l'économie régionale reste importante, avec 17,8% de la valeur ajoutée d'Auvergne-Rhône-Alpes (45 milliards d'euros de richesse produite), contre 13% en moyenne à l'échelle métropolitaine, elle a cependant reculé de 0,6 point en l'espace d'un an (elle était de 18,4% en 2023).
De même, le chiffre d'affaires de l'industrie a également régressé de -1,7 % l'année dernière dans la région. Et ce, alors que d'autres secteurs sont demeurés porteurs, à l'image de l'hébergement-restauration (+3,2% du chiffre d'affaires), tout comme du transport/logistique (+2,4%) ou encore l'agroalimentaire (non communiqué), tandis qu'à l'inverse, la construction (-2%) est, comme l'industrie, à la peine.
Prix de l'électricité : les tarifs restent élevés
Ce recul de l'activité industrielle, de presque deux points, est la deuxième en l'espace de dix ans, après celle de la période Covid. « La récession n'est pas énorme (-1,7%), mais c'est quand même beaucoup par rapport au volume global [la région compte 50.000 sites industriels, pour 520.000 emplois] », commente Philippe Guérand, président de la CCI régionale. « Nous voyons bien que quelque chose de particulier se passe aujourd'hui ».
Pour expliquer ces résultats, il ne faut pas regarder trop loin dans le rétroviseur. «La fin de l'année 2024 n'a pas été une excellente période pour l'industrie. Plusieurs facteurs se croisent, avec plus ou moins d'intensité», souligne Vincent Charlet, délégué général du think tank La Fabrique de l'Industrie.