Hydrogène vert : Michelin veut passer à la vitesse supérieure avec le CNRS
Emilie Valès
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Dans ce nouveau laboratoire commun, Michelin veut parvenir à produire, aux côtés de ses partenaires, de l'hydrogène ultra-pur rapidement, en utilisant des métaux abondants dans la croûte terrestre, comme le nickel ou le fer.
DR Vincent Martin
Alors que l’hydrogène vert représente aujourd’hui moins de 5% de la production totale mondiale, le groupe Michelin s’associe au CNRS et au monde universitaire pour développer une technologie de production d’hydrogène durable à partir d’eau.
L'ambition est claire : développer une production d'hydrogène durable et compétitive à l'échelle industrielle. Une tâche ardue à laquelle s'attellera le laboratoire Alcal'Hylab ces quatre prochaines années. Inauguré ce vendredi, il va unir les compétences de Michelin, du CNRS, mais aussi des universités Grenoble Alpes et Savoie Mont-Blanc et de Grenoble INP-UGA. Ce travail commun doit permettre de concevoir une nouvelle génération de matériaux capables d'augmenter la production d'hydrogène vert à partir d'eau.
Car si différentes méthodes de production d'hydrogène vert existent aujourd'hui (énergie solaire, éolienne, hydroélectricité), elles ne représentent moins de 5 % de la production totale mondiale, freinées principalement par leur coût élevé.
Selon BloombergNEF, le prix actuel de l'hydrogène vert se situe entre 3,74 et 11,70 dollars au kilo. Soit bien au-dessus de l'hydrogène « gris » produit, lui, à partir de gaz naturel et dont le coût oscille entre 1,11 et 2,35 dollars/kg.
Résultat : la quasi-intégralité des presque 100 millions de tonnes d'hydrogène produite dans le monde l'est à partir de combustibles fossiles (gaz naturel, charbon et pétrole), générant près de 2% des émissions de CO2 mondiales. Dans ce contexte, une révolution est nécessaire afin de basculer vers une production d'hydrogène décarbonée à des coûts abordables.
Une révolution à laquelle Michelin compte bien participer. Car l'industriel, géant du pneumatique, se diversifie et ambitionne de devenir un leader mondial des systèmes à hydrogène, tant dans le domaine des piles à combustible (avec sa filiale Symbio) que sur les électrolyseurs de l'eau. Au sein d'Alcal'Hylab, il apportera des ressources logistiques, humaines et financières. Il prendra ainsi à sa charge la moitié du budget du laboratoire, estimé entre 5 et 5,5 millions d'euros.
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