Les contours de ce projet viennent tout juste d'être précisés par Domo Chemicals et EDF Hynamics : le projet d'électrolyseur « HyDom », porté par le groupe chimiste belge dans la vallée de la chimie lyonnaise au côté de l'électricien français, pourrait se voir confirmer « d'ici au mois de juin 2025 ».
C'est en tout cas ce qu'espèrent les deux partenaires. Doté d'une puissance de 85 mégawatts (MW), cet électrolyseur devrait à fournir, à terme, 11 kilotonnes d'hydrogène vert par an à Domo Chemicals sur son site de Belle-Etoile, situé à Saint-Fons (Rhône). Cette usine, spécialisée dans la production du polyamide 6.6, doté de propriétés anti-inflammables, est l'un des trois sites du groupe en France, par ailleurs implanté dans dix pays.
Le plasturgiste utilise en effet de l'hydrogène dans la fabrication de son sel de polyamide, ou « nylon », notamment utilisé dans l'électronique (compteurs électriques, chaudières etc.) et dans l'automobile. Or, il est pour l'instant produit à partir de gaz naturel - émetteur de gaz à effet de serre - par Air Liquide, qui opère directement sur le site de Belle Etoile. Une production dédiée aujourd'hui « à 90% » à Domo Chemicals, précise son directeur des opérations et directeur général France, Stéphane Guélat.
L'objectif de ce projet, chiffré pour l'heure à 150 millions d'euros, est donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre de cette partie de la production - à savoir 84 kilotonnes de dioxyde de carbone rejetés chaque année pour le site de Belle-Etoile. À Lyon, la vallée de la chimie représente d'ailleurs 25% des émissions de gaz à effet de serre (GES) des 58 communes de la Métropole, qui compte 1,4 million d'habitants.
D'autant que « l'installation d'Air Liquide, qui est là depuis vingt ans environ, arrive à échéance », poursuit le dirigeant de DOMO Chemicals.