Safran boycotte les villes écologistes, la région lyonnaise garde espoir pour son projet d'usine
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Esquissé depuis 2019 mais toujours en stand-by, le projet d'implanter une nouvelle usine Safran dans la région lyonnaise a connu plusieurs rebondissements. Auxquels s'ajoute désormais la récente sortie du directeur général de Safran, cette semaine.
Safran renonce à implanter des usines sur des territoires dirigés par des écologistes. C’est ce qu’a récemment déclaré son directeur général, pointant les obstacles à la réindustrialisation. La région lyonnaise, dont la métropole est conduite par les Verts, doit-elle tirer un trait sur le projet d’usine de freins carbone, attendu depuis 2019 ?
Olivier Andriès, le directeur général de Safran, n'a pas mâché ses mots ce lundi devant la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur les freins à la réindustrialisation : « chaque fois que j'aurai un choix de localisation, je bannirai une offre faite par une ville détenue par une majorité écologiste. Ce n'est pas politique mais à partir du moment où on oublie l'intérêt national, où on a une attitude égoïste et où on ne comprend pas que 500 emplois sont importants pour le territoire et la vie des personnes, je dis que ce n'est pas la peine ».
Devant la représentation nationale, le dirigeant du groupe, qui pèse 27,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2024, a fait référence à l'accueil réservé par les Écologistes de la métropole de Rennes, il y a un an, au projet d'usine destiné à la production d'aubages de turbine pour ses programmes de motorisation M88 dans le domaine militaire et LEAP dans le domaine civil.
Au terme d'un investissement de 80 millions d'euros, celle-ci devrait bien ouvrir ses portes courant 2027 mais visiblement, Olivier Andriès n'a pas apprécié la levée de boucliers d'une partie de la majorité métropolitaine rennaise.
Cette dernière mettait alors à la disposition de l'industriel un terrain de 14 hectares situé à Feyzin, dans la Vallée de la Chimie. A la clé, un investissement alors annoncé à plus de 230 millions d'euros, associé à la création de 200 emplois. Le plan prévoyait alors un lancement opérationnel courant 2024, avec une complémentarité avec son site de Villeurbanne, tout proche, qui accueille le centre de R&D de Safran et une des trois usines de freins carbone du groupe.
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