Historiquement positionné sur la production de systèmes de ventilation et de refroidissement, le groupe américain Carrier tisse sa toile sur les marchés des pompes à chaleur et du refroidissement des data centers, tous deux en forte croissance.Si Donald Trump appelle clairement les entreprises à venir s'installer ou se réinstaller sur son territoire pour produire, le groupe américain Carrier (coté à la bourse de New York), spécialiste du traitement de l'air et des systèmes de refroidissement, ne boude pas son parc européen. En février dernier, il annonçait en effet un investissement de 30 millions d'euros pour ses deux sites aindinois de Montluel et de Culoz, qui compte plus de 1.300 salariés sur les 48.000 que compte le groupe. Objectif : doper sa R&D et sa production face à des marchés ultra concurrentiels en fort développement.
Il faut dire que la stratégie commerciale du groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 22,5 milliards de dollars en 2024, lui offre les coudées franches pour se développer sans être impacté par les droits de douane.
« Les usines américaines produisent pour les États-Unis, les usines européennes pour l'Europe », résume Gilles Donnat, directeur général de Carrier France, précisant que 80% des fournisseurs sont basés dans un large bassin industriel allant de Venise à Clermont-Ferrand. En réalité, le marché européen est plus vaste : près de 70% des machines produites à Montluel étant exportées en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.
Les pompes à chaleur poussées par les collectivités
Sur ce site, dans l'Ain, plus de la moitié des machines produites sont des pompes à chaleur. Une production en hausse qui prouve la bonne dynamique du secteur chez les professionnels, avec une demande forte d'installation dans des ensembles de bureaux, des bâtiments et des aéroports, indique Gilles Donnat. Mais pas seulement.
« Nous avons toute offre de pompes à chaleur pour les réseaux de chaleur, ce qui nous permet aujourd'hui d'adresser la plupart des besoins. C'est un marché très français sur lequel nous sommes numéro un aujourd'hui. C'est quasiment notre marché qui croît le plus grâce à l'engouement des grandes collectivités. »