Son objectif n'était pas moins que de « supprimer le chômage de longue durée dans les territoires qui se mobilisent pour développer le plein emploi volontaire ». Comme neuf autres territoires sélectionnés durant la première vague de l'appel à projets Territoires Zéro Chômeur de longue durée (TZCLD), le quartier Saint-Jean de Villeurbanne nourrissait de grandes ambitions.
Il faut dire que sur place, le taux de chômage de longue durée (12%) était quatre fois plus élevé que la moyenne de la commune lors du lancement de l'expérimentation.
Car si Villeurbanne, 19e ville de France avec ses 150.659 habitants, comptabilisait déjà 18.320 personnes en situation de chômage (toutes catégories confondues) en juillet 2019, contre 17.520 en juillet 2021 post-crise sanitaire selon les chiffres de l'INSEE, les données du quartier Saint-Jean le plaçaient en effet comme un quartier prioritaire. Avec, pour 4.265 habitants, près de 400 personnes considérées en situation de chômage longue durée (de plus d'un an).
Près de cinq années plus tard, alors qu'un vote à l'Assemblée nationale a acté de l'élargissement du dispositif, passant de 10 à 60 zones, il est temps pour Bertrand Foucher, président de cette société à but d'emploi (EBE) EmerJean, de partager son premier bilan.
A l'échelle nationale tout d'abord, ce sont près d'un millier de CDI qui ont ainsi été créés par les treize structures de l'économie sociale et solidaire créées spécifiquement pour le dispositif Territoire Zéro Chômeur. Comme EmerJean, elles ne ressemblent à aucune autre puisque l'Etat leur a octroyé un statut particulier : ces « entreprises à but d'emploi » (EBE), fonctionnent majoritairement sous statut associatif, avec des salaires dont le financement est assuré par la réaffectation des indemnités de chômage ou du RSA. Et une vocation : proposer des services non couverts par le secteur privé, au sein des bassins d'emploi concernés.