Depuis les baisses successives des taux et, finalement, le déremboursement total de l'homéopathie en 2021, le groupe rhodanien Boiron, dont le siège social est à Messimy, a connu des années difficiles. La société familiale a, en effet, réalisé un premier plan social conduisant à 500 suppressions d'emplois en 2021, et en a annoncé un second fin 2024 qui concernerait 145 postes d'ici au mois de juin.
Un choix réalisé par la direction précédente « pour des raisons économiques », confie ce mercredi Pascal Houdayer. Arrivé dans l'entreprise comme conseiller spécial en septembre 2024, après diverses expériences à l'étranger, notamment chez Procter & Gamble et dans le private equity, il a été nommé directeur général en janvier. Il indique par ailleurs avoir investi dans la société, sans communiquer le montant.
En cinq ans, Boiron a perdu près d'un tiers de son chiffre d'affaires sur l'homéopathie en France, soit 150 millions d'euros, confirme-t-il. Depuis 2021, certains produits accusent une baisse des ventes car ils sont moins recommandés par les médecins homéopathes, moins nombreux, reconnaît le directeur général. D'autres, à l'inverse, comme l'arnica ou l'oscillococcinum, se portent très bien malgré une légère hausse des prix pour les patients. Mais cela ne suffit pas à enrayer la baisse de production qui pourrait nécessiter la fermeture de sept lignes et de quatre sites de distribution.