Racheté par des investisseurs du luxe, le haut-savoyard Gold Service met le cap sur la recyclabilité de l’or
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Alors que la nouvelle équipe à la tête de Gold Service compte redorer l'image du négoce des métaux précieux en insistant sur sa circularité (qui permet de refondre et de créer de nouveaux produits sans aucune perte), le réseau de négoce observe une...
Reuters
Il s’agit d’une matière précieuse, qui fait encore office de valeur sure dans un contexte économique chahuté, mais qui peut également avoir mauvaise presse, en raison de sa rareté comme de ses conditions d’extraction. Pourtant, c’est bien le marché de l’or qui a convaincu un pool de 10 investisseurs issus du secteur du luxe et du retail, pour la reprise du réseau de négoce franco-suisse Gold Service. Avec à la clé, l’ambition de doubler le nombre de boutiques, pour en faire un acteur de référence de rang européen. Mais surtout, de développer davantage le recyclage et la circularité de cette...
... tière précieuse. Explications.
Né en 2009 en Suisse et un an plus tard en France, le réseau de négoce de métaux précieux Gold Service se pose comme un leader européen discret. C'est en effet le seul établissement présent sur au moins deux marchés en Europe, avec un réseau de 26 boutiques et près de 60 collaborateurs, et près de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Et après une première phase de développement, qui avait conduit la famille de son fondateur Christian Bonnet à proposer un service de vente et d'achat de métaux précieux (or, argent, palladium ou platine) aux particuliers et aux professionnels, le réseau vient de passer entre les mains d'un nouveau pool de 10 investisseurs, amenés par le cabinet de conseil genevois en fusions-acquisitions Auraïa.
« Nous nous sommes rendus compte qu'il existait une tendance forte quant aux attentes de revente et de recyclabilité de l'or », explique Yann Bouillonnec, le nouveau président de Gold Service (passé auparavant par les marques Cartier ou Vacheron Constantin) et administrateur de Green Gold Group, le holding créé pour l'opération de reprise.
« Jusqu'ici, il n'y avait pas encore forcément de lien fait entre cet acte, qui consiste à revendre de l'or, et le fait qu'en le faisant, on contribue à lutter contre le phénomène d'épuisement des mines d'or qui est annoncé, selon différentes études, à l'horizon 2050. Sans oublier que l'extraction pose aussi d'autres enjeux en lien avec le travail des enfants ou le procédé qui utilise des produits très polluants, comme du mercure. Nous souhaitions donc voir comment, à travers cette opération, on pouvait aussi contribuer à la diminution de l'extraction qui est mauvaise pour l'environnement », ajoute Pierre Lasry, président de Green Gold Group et fondateur du cabinet Auraïa à la tête de cette opération.
L'or, un levier d'économie circulaire nouvelle génération ?
D'autant plus que sur le volet de la circularité, l'or dispose d'un avantage considérable comparé à d'autres matériaux : en plus de son cours d'achat qui demeure élevé et incite à recycler plutôt que jeter, son réemploi est sans limite puisqu'une fois fondu, il est possible de récupérer 100% de la matière initiale, sans réaliser aucune perte.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.