Avec Facebook, les utilisateurs de WhatsApp craignent pour leur vie privée

 |   |  398  mots
Les craintes que le service de messagerie évolue vers un modèle basé sur la monétisation des profils utilisateurs se font plus pressantes.
Les craintes que le service de messagerie évolue vers un modèle basé sur la monétisation des profils utilisateurs se font plus pressantes. (Crédits : DR)
Des groupes de défense de la vie privée demandent aux autorités américaines de geler l'achat par Facebook du service de messagerie instantanée. Contrairement au réseau social américain, WhatsApp ne collecte pas (encore) les données personnelles de ses utilisateurs.

"Des pratiques injustes et trompeuses de collecte de données" pourraient être mises en œuvre sur WhatsApp, si son achat par le réseau social Facebook a bien lieu. C'est en tout cas ce que redoutent le Centre pour la démocratie et le Centre pour la protection des informations électroniques aux Etats-Unis.

Dans un recours administratif adressé à la commission fédérale du Commerce (FTC), les deux associations demandent un examen de l'opération, et d'éventuelles garanties de protection si les craintes s'avèrent justifiées.

Bientôt un "profilage des utilisateurs" ?

Facebook avait annoncé le mois dernier son intention d'acheter WhatsApp, qui compte environ 450 millions d'utilisateurs, pour 19 milliards de dollars. Le hic? Contrairement à son futur propriétaire, le service de messagerie est sans publicité et assure ne pas collecter de données sur ses utilisateurs.

"WhatsApp a construit une base d'utilisateurs en se fondant sur un engagement à ne pas collecter des données sur ses utilisateurs à des fins publicitaires", soulignent les organismes dans leur recours, redoutant que le changement de main implique un changement dans le modèle de revenu.

Or "Facebook utilise fréquemment des informations sur ses utilisateurs pour la publicité" et va très probablement faire basculer WhatsApp "vers un modèle d'activité basé sur le profilage des utilisateurs", déplorent-ils.

Un message de Jan Koum publié en 2009

L'argumentaire: le projet d'acquisition pourrait donc aller à l'encontre des garanties que les utilisateurs de WhatsApp pensaient avoir quant à une absence de publicité, ce qui constitue une "pratique commerciale injuste et trompeuse".

L'élément clef de voûte: un message publié sur un blog en 2009 par le cofondateur de WhatsApp Jan Koum, qui affirmait à l'époque à ses utilisateurs que le service n'allait "jamais vendre [leurs] informations personnelles à qui que ce soit".

>> Lire le portrait de Jan Koum, de l'Ukraine communiste aux 19 milliards de Whatsapp

L'application de messagerie instantanée a tout juste commencé à monétiser son service, mais dans quelques rares pays seulement comme aux Etats-Unis, où il est gratuit la première année et coûte ensuite un dollar par an.

Mais certains analystes estiment que pour payer un prix si élevé pour WhatsApp, Facebook doit forcément compter sur de nouvelles fonctions permettant de gagner de l'argent. Lesquelles ? C'est là que tous les doutes sont permis.

Pour aller plus loin: pourquoi Telegram, le rival russe de WhatsApp, attire-t-il autant?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/03/2014 à 15:59 :
"WhatsApp ne collecte pas (encore) les données personnelles de ses utilisateurs" Affirmation gratuite basée sur l'ignorance des utilisateurs.
a écrit le 07/03/2014 à 20:53 :
Imaginons la conversation entre les 2 entreprises. Facebook annonce "J'achete ton appli et ta base d'utilisateurs", reponse de Whatsapp "ah mais vous savez mes utilisateurs et leurs donnees persos ne sont pas a vendre...", "Et pour 19 milliards tu es sur que tu n'est pas pret a les trahir?", reponse whatsapp "ah ouais quand meme je peux faire une petite exception... je vais voir.". Forcement.
a écrit le 07/03/2014 à 17:01 :
Passé sur Telegram ... WhatsApp terminé !
a écrit le 07/03/2014 à 12:38 :
Je n'ai pas de comte Facebook mais j'utilise régulièrement WhatsApp. Depuis l'annonce de ce rachat je glisse progressivement sur Viber et j'attend que mes contacts font de même. Chrome, Facebook, Youtube et autres Twitter vous considèrent comme des cerveaux vides prêts à consommer. N'ont-ils pas compris que les pubs sur internet on ne les regarde même pas. Du moins, moi je n'y prête plus attention. Je crois que je vais retourner au courrier écrit!
Réponse de le 07/03/2014 à 14:51 :
@Sam
Le "comte" Facebook est une créature maléfique qui veut détruire l'orthographe.
"J'attend que mes contacts font de même" est le clône du comte du Facebook version destructeur des accords verbaux et de la concordance des temps.
Back to "le retour à l'écrit" me semble une illusion.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :