Fidèle à la « doctrine Tim Cook », la marque à la pomme entend assurer elle-même la conception d’un nombre croissant de composants intégrés dans ses produits, dans une optique de différenciation et de résilience. Une stratégie qui, si elle semble pour l’heure s’avérer payante, est également coûteuse et pourrait pâtir d’une dégradation de la conjoncture.En 2019, pour justifier le rachat de la division modem mobile d'Intel, Tim Cook affirmait que son entreprise avait pour « stratégie à long terme de posséder et contrôler les technologies primaires qui se trouvent derrière les produits que nous fabriquons ». Une phrase qui résume ce que l'on surnomme désormais la « doctrine Tim Cook », une volonté d'intégration, de contrôle et d'autonomie que l'entreprise a longuement mûrie au fil des années, et qu'elle continue d'approfondir.
Lancé en 2010, l'iPhone 4 a été le premier smartphone d'Apple a être équipé d'un processeur maison, lequel équipe également le premier iPad, lancé la même année. Dix ans plus tard, c'est au tour des ordinateurs de la marque d'être équipés de puces M1 conçues par Apple, basées sur l'architecture ARM et manufacturées par TSMC.
Des microprocesseurs maison
Ce passage sur des puces conçues à domicile constitue une sorte de retour aux sources pour l'entreprise, qui de 1991 à 2005 disposait de ses propres microprocesseurs PowerPC, conçus en partenariat avec IBM et Motorola, pour ses ordinateurs. Jusqu'à ce qu'en juin 2005, lors de la conférence développeurs annuelle d'Apple, Steve Jobs, davantage préoccupé par le design que par les composants, annonce la transition vers des processeurs Intel.
Cette parenthèse est aujourd'hui bel et bien refermée, et l'ensemble des appareils de la société, montres connectées comprises, sont désormais équipées de puces au design maison. Mi-janvier, Apple a dévoilé sa nouvelle ligne de MacBook Pro et Mac mini, tous deux équipés de sa toute nouvelle puce M2 Pro, avec la possibilité, pour le MacBook Pro, d'opter pour la M2 Max, plus puissante. Désormais, le groupe à la pomme cherche également à développer ses propres puces wifi et Bluetooth (pour lesquelles elle s'approvisionne aujourd'hui chez Broadcom) ainsi que des puces 5G maison, comme alternative au Snapdragon 5G de Qualcomm qui équipe aujourd'hui l'iPhone.