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Malcolm Turnbull, premier ministre australien, avait fait du mariage homosexuel une des promesses de campagne du parti Libéral, réélu en juillet dernier aux élections législatives. Alors que la procédure pour organiser un référendum piétine, les opposants au mariage gay militent déjà pour le « non », comme Marriage Alliance. Le collectif fondé en 2015 a lancé mardi son application. Il a opté pour la gamification afin de mieux diffuser son message... et récolter les données de ses utilisateurs. Répondre à des sondages, faire un don, recruter des amis ou signer une pétition permet de débloquer badges, points et autres récompenses virtuelles. Un tableau - à partager sur les réseaux sociaux - retrace les « scores » des utilisateurs.
Au-delà d'une simple adresse mail, nécessaire pour s'inscrire, l'utilisateur peut se voir demander « son genre », « son appartenance ethnique », « sa religion » ou encore « ses opinions politiques », liste la politique de confidentialité. Et ce n'est pas tout. « Quand vous utilisez l'application, nous pouvons collecter et stocker l'activité de votre téléphone (...) comme votre géolocalisation, l'adresse IP de votre ordinateur, l'URL de la dernière page web que vous avez consultez avant de lancer l'application. » L'application précise : « Nous utilisons vos informations personnelles pour partager des informations, vous envoyer des messages (...) et lever des fonds pour notre campagne. »
Le collectif anti-mariage gay se réserve ainsi le droit de partager - ou plutôt vendre - ces données avec ses partenaires, mais aussi des organisations et partis politiques qui partagent les « mêmes points de vues, principes et objectifs », y compris aux Etats-Unis. Car Marriage Alliance a fait appel à l'entreprise américaine Political Social Media LLC, souligne Buzzfeed. Cette dernière a développé l'application « America First » de Donald Trump pour l'élection présidentielle et l'application de la National Rifle Association, lobby pro-armes à feu aux Etats-Unis.
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En avril, Marriage Alliance avait déjà fait parler d'elle. L'organisation avait envoyé des messages de campagne à la liste de mails du parti Libéral, sans leur autorisation. Une enquête a été demandée au bureau du commissaire australien à l'information (Office of the Australian Information Commissioner). En mai, le collectif avait admis : « Certains membres ont vu leur adresse ajoutée à notre newsletter sans leur consentement », rapporte le Guardian. Si les poursuites ont été abandonnées, Marriage Alliance n'a toujours pas expliqué comment elle s'était procuré ces contacts.
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