Droits d'auteur : comment YouTube lutte contre le piratage

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400 heures de vidéo mises en ligne chaque minute sur YouTube (propriété de Google) dans le monde.
400 heures de vidéo mises en ligne chaque minute sur YouTube (propriété de Google) dans le monde. (Crédits : Dado Ruvic)
La filiale de Google dit perfectionner sa traque aux pirates grâce à un outil de gestion automatisé des droits d'auteurs. Entre octobre 2017 et septembre 2018, la plateforme vidéo a reversé plus de 1,8 milliard de dollars à l'industrie de la musique, contre 1 milliard en 2016.

Pas moins de 400 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute sur YouTube dans le monde. C'est la montagne de contenus confiés à la plateforme vidéo de Google et consultés chaque mois par 1,9 milliard de visiteurs. Régulièrement accusé par l'industrie musicale de sous-payer les artistes pour l'exploitation de leurs contenus, YouTube dit se livrer à une traque aux pirates de plus en plus perfectionnée. Son arme secrète ? Un outil baptisé Content ID (en français, "identification des contenus"). Lancée en 2007, cette fonction permet de repérer automatiquement les contenus protégés par des droits d'auteurs dès leur mise en ligne sur YouTube. Ainsi, toutes les vidéos publiées sur la plateforme sont comparées avec une base de données de fichiers fournis par les propriétaires de contenus (artistes, labels...).

Cette base de données de droits d'auteurs recense plus de 80 millions d'œuvres grâce à un partenariat avec 9.000 studios de cinéma et labels, selon un rapport sur le piratage en ligne publié ce mercredi par Google. Lorsqu'une correspondance est établie entre une vidéo publiée sur YouTube et un contenu protégé, la plateforme vidéo avertit le bénéficiaire de droits d'auteur. Ce dernier peut ensuite choisir de bloquer la vidéo ou de la monétiser en y ajoutant des publicités. Dans ce cadre, YouTube revendique avoir versé plus de 3 milliards de dollars aux ayant droits qui ont monétisé l'utilisation de leur contenu depuis la création de Content ID.

S'attaquer au "stream ripping"

Pour rester à la page, Content ID est en constante évolution. C'est pourquoi plus de 100 millions de dollars ont été investi dans son développement.

"Content ID peut repérer les tentatives visant à échapper à la détection, par exemple en modifiant le format d'image d'une vidéo, en inversant horizontalement les images et en accélérant ou en ralentissant l'audio", détaille Google. "Grâce au machine learning, Content ID peut désormais détecter des mélodies, des vidéos et des audio protégés - ce qui permet d'identifier les reprises de chansons et les remix", assure le rapport.

Depuis 2017, la plateforme permet également de faire du "live streaming" (diffusion de la vidéo en direct), un nouveau format également passé au crible par Content ID.  Prochain chantier : s'attaquer au "stream ripping", pratique qui consiste à copier des contenus légaux trouvé sur le web - comme sur YouTube - grâce à des convertisseurs en ligne. 32% des internautes pratiquent cette forme de copie privée, selon le rapport 2018 de l'IFPI (la fédération internationale de l'industrie phonographique). En légère baisse depuis 2017 (-3%), le "stream ripping" reste pourtant la "forme de violation de droits d'auteur la plus utilisée", souligne l'IFPI. Sur ce point, YouTube dit "travailler avec l'industrie de la musique pour identifier les (convertisseurs) et y répondre".

| Lire aussi : Piratage : qu'est-ce que le "stream ripping", qui effraie tant l'industrie musicale ?

1,8 milliard de dollars reversés aux artistes

YouTube se targue ainsi de mieux rémunérer les artistes. Entre octobre 2017 et septembre 2018, la plateforme vidéo a déjà reversé plus de 1,8 milliard de dollars à l'industrie de la musique, uniquement grâce aux revenus publicitaires. A titre de comparaison, YouTube avait versé 1 milliard de dollars en 2016.

"Le nombre de chaînes gagnant plus de 100.000 dollars par an sur YouTube a augmenté de 40% par rapport à l'année précédente, et le nombre de chaînes gagnant plus de 10.000 dollars par an a augmenté de plus de 35%", souligne le rapport.

Ce rapport intervient quelques semaines après l'appel de YouTube à se mobiliser contre la réforme européenne du droit d'auteur, jugée comme une menace au "secteur florissant (de la création de vidéos sur Internet)", selon Susan Wojcicki, Pdg de YouTube. Si le texte a été approuvé largement au Parlement européen le 12 septembre, il doit encore être débattu avec la Commission et le Conseil de l'Union européenne afin d'aboutir à une version définitive.

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Retrouvez les articles de La Tribune consacrés à la réforme européenne du droit d'auteur :

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